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5 choses à savoir pour comprendre la nouvelle fédération des Vins de Nantes

La fédération des vins de Nantes a pris son envol mercredi 17 février, à Vertou. Mais qu’est-ce donc que cette nouvelle organisation ?

De qui s’agit-il ?

La fédération des vins de Nantes regroupe trois ODG (organisme de défense et de gestion) du pays nantais : Muscadet, Gros plant du pays nantais et Coteaux d’Ancenis. Soit un peu plus de 600 entreprises « revendiquant l’appellation », dont environ 450 professionnels.

Chacune de ces ODG a un président, présent lors de la présentation de mercredi. Joël Forgeau représente le Muscadet, Jean-Michel Morille le Gros Plant et Pierre-Yves Huguet les Coteaux d’Ancenis (mais ce dernier était absent à la réunion).

Il faut désormais y ajouter un « porte-parole », chargé de parler d’une seule voix pour les trois territoires. Cette fonction a été confiée à François Martin, vigneron.

La fédération des vins de Nantes comprend aussi six salariés.

Pourquoi la fédération des Vins de Nantes voit-elle le jour maintenant ?

En réalité, la fédération existait déjà. Mais dans le mille-feuilles des organisations viticoles, son action était jusque là passée plutôt inaperçue.

Ce qui l’a réactivée, c’est le bouleversement en cours à Interloire. Interloire est l’interprofession, qui regroupe toutes les ODG du val de Loire. En juin dernier, les vignerons ont décidé, en assemblée générale, de retirer à Interloire la compétence « communication spécifique ».

Depuis, chaque ODG a repris son autonomie (décisionnaire et budgétaire) pour gérer la communication de « sa » marque. (Et Interloire se réorganise laborieusement.)

Dans le Nantais, les trois ODG ont décidé de travailler ensemble pour promouvoir les différentes appellations du coin. Et c’est ainsi qu’a resurgi la fédération.

Quels sont les projets de cette fédération des vins de Nantes ?

Depuis juin, l’équipe n’a pas chômé. Ils ont mis en place deux « pôles » : ODG et communication

Le premier concerne les ODG et leurs « missions régaliennes » (délimitations, cahiers des charges, etc.) confiées par l’INAO.

L’un des plus gros chantiers à venir concerne la « hiérarchisation des appellations » du Muscadet. Autrement dit, la réécriture du cahier des charges du Muscadet entrée de gamme. « Les vignerons la réclament depuis longtemps, mais le projet est resté au milieu du gué par manque de travail collectif », a résumé Joël Forgeau.

L’autre pôle englobe le vrai nouveau défi de la fédération : la communication.

Le groupe a attiré « des jeunes vignerons » et a des idées – revitaliser le château de la Frémoire en centre de tourisme d’affaires, campagne nationale de communication, site web, etc

Mais dans un premier temps, il s’agit surtout de consolider les partenariats en place : Hellfest, bar à Muscadet du Zenith, VAN, office de tourisme du vignoble nantais, etc. La « cible » prioritaire est clairement l’agglomération nantaise.

La maison des vins de Nantes va-t-elle rouvrir ?

Non, ce n’est pas prévu de rouvrir la maison des vins de Nantes, installée sur la place du Commerce, et fermée depuis le 15 novembre.Les vignerons ont évoqué l’idée d’un autre lieu « vitrine » à Nantes, sur l’île. Mais pas avant plusieurs années.

« On n’a pas vraiment le budget », a expliqué François Martin.

La cotisation « communication » a été fixée à 1,45€ (par HL revendiqué), soit un budget total d’environ 550000 euros. Impossible de comparer précisément avec ce qui avait cours à Interloire. Mais c’est vraisemblablement (un peu) moins qu’avant, ont estimé les responsables.

Au final, pour les vignerons, qu’est-ce qui change ?

Difficile à dire, vu de l’extérieur. La communication, autrefois gérée par une commission d’Interloire et un chargé de communication (François Robin) est désormais géré par un « pôle » de la fédération et… le même chargé de communication.

La fédération a installé son siège au château de la Frémoire, à Vertou. Mais Interloire avait également des bureaux dans ce même château, désormais vacants.

Enfin, côté cotisations, si l’on additionne les charges pour les vignerons, l’économie réalisée avec cette nouvelle organisation est d’environ 5 centimes (par HL revendiqué).

Mais indéniablement, les vignerons du Nantais semblent avoir trouvé un regain de motivation collective avec ce nouveau projet. Les responsables ont été surpris de voir débarquer dans les différentes commissions des nouvelles têtes, y compris des « jeunes vignerons ». « On les pensait désintéressés, mais ils ont montré au contraire qu’ils avaient compris que les ODG étaient des marques collectives », a évoqué François Martin.

Beaucoup de « détails » restent à régler, côté organisation (une assemblée générale est prévue « au printemps ») , et les chantiers à mener sont cruciaux. « Que voulons-nous ? Un avenir choisi ou un avenir subi ? Une chose est sûre : il va falloir avancer vite, a résumé Joël Forgeau. Chaque jour, l’économie du vignoble nous rappelle qu’on ne peut pas attendre. »

Quelques chiffres

650 « revendiquants d’appellation », soit environ 450 vignerons professionnels.

550000 euros, le nouveau budget « communication » locale des trois ODG.

1,45€ par HL revendiqué, la cotisation « com ».

1,20€ (moyenne par HL produit), la cotisation pour le pôle « ODG ».

2,50€ (par HL commercialisé), la cotisation à Interloire nouvelle mouture.

5 centimes, l’économie réalisée sur les cotisations pour les vignerons.