Saint Martin ou la fête en partage

Couv hors-se╠ürie N┬░2Serge Babary, maire de Tours, et Christophe Bouchet, adjoint chargé du rayonnement de la Ville, ont présenté hier, au musée des Beaux-Arts tourangeau, le programme des festivités estivales vouées à saint Martin.

La Ville de Tours a choisi le Musée des Beaux-Arts pour présenter, hier, les festivités liées au jubilée de saint Martin. Un programme riche d’animations et qui, a priori, devrait franchement avoir les allures fraîches d’un dynamisme renouvelé. C’est d’ailleurs cette notion que l’on retiendra des interventions du maire et de Christophe Bouchet, son adjoint chargé du dossier. Serge Babary, tout d’abord. Il souhaite « que les Tourangeaux reconnaissent dans leur majorité l’intérêt de ce projet. » Qui résonne comme le « point de départ d’un renouveau de l’attractivité de Tours. » En précisant « qu’il ne s’agit pas de proposer une fête élitiste, mais populaire. » Comme pour affirmer notre attachement « à nos racines pour nous tourner vers l’avenir avec sérénité. »

L’intervention de Christophe Bouchet s’est, elle, attachée au détail (or, on sait que le diable ou, en l’occurrence, les clés de la réussite se cachent toujours dedans…). Les festivités démarreront le 2 juillet. Mais on a bien senti, au travers de ses propos, une impatience certaine à voir décoller enfin le rayonnement de la Ville dont il est chargé. Christophe Bouchet a insisté sur l’intérêt de la voie culturelle et patrimoniale « pour se réapproprier la ville » en abattant sur la table quelques atouts touristiques qui feraient de Tours, non plus une ville de passage, « mais de destination. »

Mais il y a, pour cela, quelques efforts à consentir. Un parcours balisé saint Martin va ainsi voir le jour. Tant mieux ! Comme verra le jour prochainement un parcours Rabelais autour de la gastronomie. Tant mieux également ! Car c’est aussi la vocation d’une ville comme Tours que d’ouvrir le plus largement possible le compas culturel de la région, Martin et Rabelais (qui est bien plus qu’un gastronome : un artisan plein et entier d’un humanisme affirmé), en composant, pour l’instant, les premières pointes. Rêvons d’inscrire bientôt dans ce cercle, où les oubliés sont trop nombreux, Honoré de Balzac, Anatole France, René Descartes et d’autres d’une manière un peu plus large dans l’agglomération… Après tout, le partage est aussi celui des rêves. Qui, parfois, deviennent réalité.

Mais revenons plus précisément à saint Martin auquel nous avons consacré un hors-série de 100 pages et que vous retrouverez d’ailleurs à nouveau dans les magasins de presse ces tout prochains jours. Christophe Bouchet a quelque peu botté les fesses des Tourangeaux – parlons-en librement puisque nous en sommes – du genre plutôt « paresseux. » « Car nous avons tellement de personnages illustres… », a-t-il continué comme pour stigmatiser une agaçante léthargie. Toujours est-il que saint Martin est l’occasion « de donner du contenu à notre ville autour du tourisme familial. »

Le programme des festivités estivales ? Plusieurs gros volets :

Tours en capes.- Trois réalisations de capes seront exposées. Elles ont été confiées à trois artistes : Olivia Rolde, Léna Nikcevic et Pamela de Rouvray.

La saint Martin d’été.- Début, donc, le 2 juillet. Un village saint Martin, mettant bien sûr en avant le partage, sera installé sur la place Anatole France. Plusieurs manifestations artistiques l’animeront. Toujours sur cette même place, sera présentée la nouvelle statue du saint. Qui sera, pour ce premier week-end de juillet, mise sous une sorte de grande cloche, style bulle à neige. Un bal suivra sur les coups de 22 h 30 avant le lancement de la première soirée de la projection monumentale sur la façade de la cathédrale Saint Gatien. Projection que l’on pourra retrouver tout au long des mois de juillet et d’août, à raison de deux séances par jour, et tous les week-ends du mois de septembre, les horaires restant à préciser puisqu’ils dépendent évidemment de l’arrivée quotidienne de la nuit.

Nous avons évoqué plus haut dans cet article le parcours balisé voué à saint Martin, nous n’y revenons donc pas. Quant aux motards, ils auront eux aussi un rôle dans ce scénario festif puisqu’une balade en Harley-Davidson sera organisée de Tours à Candes-Saint-Martin.

Enfin, sera organisée, à Marmoutier, une déambulation nocturne autour d’un spectacle intitulé L’ombre du manteau (seize dates)

Exposition Martin de Tours.- Le Musée des Beaux-Arts présentera une exposition avec de magnifiques tableaux martiniens. Elle commencera le 8 octobre pour se poursuivre jusqu’à janvier 2017. Exposition au cours de laquelle sera également présentée une reconstitution en 3D de la Basilique Saint Martin.

Voilà pour cet été où Martin tiendra le rôle-titre. Ne boudons pas notre plaisir en attendant l’avenir et l’Eté de la Saint Martin qui, comme chacun sait, a lieu en novembre. Ce programme a de l’allure, savourons-le !

Jean-Claude BONNAUD

On peut acheter notre numéro spécial sur saint Martin et les vignobles à partir de cette fin de première semaine de juin dans les magasins de presse ou le commander auprès de jean-claude.bonnaud@levinligerien.fr (frais de port offerts). Prix : 9,50 €  et 7,50 € pour les abonnés à notre revue Le Vin Ligérien.

Pour plus de détails sur ce programme, se reporter à www.saintmartin-tours.fr

Oenotourisme : cinq façons étonnantes de découvrir le val de Loire

L’oenotourisme, ce n’est pas forcément des visites de caves humides à la chaîne…Le vignoble de Loire regorge de passionnés prêts à tout pour vous faire partager leur passion pour leur terroir et leurs vins. Nous avons sélectionné cinq façons étonnantes de découvrir le vignoble, en famille,  en amoureux ou entre amis. C’est parti !

#1 En famille, dans une chasse aux trésors

Le Domaine Poiron Dabin propose une randonnée à pied sur 4 km au milieu des vignes. Dotés d’un livret guide et d’un plan, les groupes partent à l’exploration des cépages, en cherchant des cuvées éparpillées… puis en les dégustant ! En milieu de parcours, un pique-nique champêtre permet de faire une pause. Après la balade, la famille de vignerons propose de découvrir ses autres cuvées et sa cave de Château-Thébaud.

Pratique

Dates : samedis 9/07, 6/08 et 13/08 à 11 h 30

Tarifs : adultes 25 € par personne et enfants 10 € (- de 16 ans) ; capacité : 2 à 18 personnes (réservation : 2 jours à l’avance)

Durée : 4 h.

Lieu : Domaine Poiron Dabin Chantegrolle – 44690 CHÂTEAU-THÉBAUD

 

#2 En vieille voiture

Oenotourisme : circuit retro-emotion, départ d'Angers

L’agence Retro Emotions propose des circuits de trois jours en Citroën Traction, Caravelle 1100 Renault et autres Peugeot 203 (la collection est vaste) à parcourir les paysages de Saumur, Champigny, Layon, Savennières…

Chaque jour, plusieurs visites sont organisées : exploration de caves troglodytiques et de châteaux, dégustations chez le vigneron.

Et le soir, vie de château ou hôtel de charme, tables choisies… Bref : un séjour d’exception !

Pratique

Accueil et départ de la gare d’Angers.

Tarifs : à partir de 390 euros par personne, voiture comprise (270 euros sans la voiture), trois jours, deux nuits.

Renseignements : www.retroemotions.fr

 

#3 A vélo

Le circuit de la Vallée du Loir à vélo permet de découvrir –entre autres – les vignobles de Jasnières et les Coteaux du Loir.

Un exemple de balade « oeno-cycliste » : 25km (environ 2h30, niveau intermédiaire) de Ruille-sur-Loir à Château-du-Loir, soit deux heures de promenade dans le vignoble. La petite halte pourra se faire dans le domaine de Cézin à Marçon, labellisé « vallée du Loir à vélo ».

Les cyclistes peuvent également profiter des paniers pique-nique avec des formules à 10€, mis à leur disposition par la Boulangerie Gasnot à La Flèche et la boulangerie Brillant à Lhomme.

Pratique

Infos sur le circuit

Halte possible : Domaine de Cézin, Xavier et Amandine Fresneau, rue de Cézin, 72340 Marçon
Tél/fax : 02 43 44 13 70
E-mail : earl.francois.fresneau@wanadoo.fr
Site: www.fresneau.fr / www.coteauxduloir.com

Tarifs : gratuit si vous avez un vélo !

 

#4 Avec une binette

Chaque été, le domaine Chevalerie propose des « journées sportives de remise en forme par la binette »… qui commencent à 8h30 par une tartine de rillettes et un verre de chenin ou de rosé.

Avec un membre de la famille Caslot, les participants (une douzaine maximum) sont invités à découvrir les joies du travail en plein air et de la biodynamie, en aidant au désherbage des rangs de vigne.

Une autre façon de comprendre comment on fait du vin…

 

Pratique

Dates : tous les mercredis du 15 juin au 17 août

Tarifs : la séance « binette » est gratuite, le déjeuner à midi coûte 25 euros (et la binette de l’après-midi est optionnelle).

Renseignements : 02 47 97 46 32 ou chevalerie@caslot.fr

Domaine de la Chevalerie – 7-14, rue de Peu Muleau – 37140 RESTIGNÉ

 

#5 En Solex

oenotourisme : rando solex & wine experience au domaine PIed-Flond à Martigne-Briand

Passionné de solex depuis l’adolescence, Franck Gourdon, du domaine de Pied-Flond, ouvre les portes de sa « garçonnière » de Martigné-Briand, qui abrite sa riche collection du fameux vélo à moteur.

Et c’est parti pour une journée (ou quelques heures) « clé en main » hors des sentiers battus : une balade guidée par le vigneron sur les coteaux de Bonnezeaux, une « chasse au trésor » instructive, une dégustation et beaucoup de rires…

C’est la Wine & Solex expérience !

Pratique

Plusieurs formats :

  • 3h Wine & solex en deux temps : sortie en solex et jeu de piste pédestre autour du domaine
  • ½ journée et un repas dans le caveau du domaine
  • journée complète : matinée d’étude dans le caveau + déjeuner + activité Wine & solex

Groupe de 6 à 21 personnes

Contacts : Agence Loire Secrets 02 53 20 71 25 / domaine de Pied-Flond, Martigné-Briand : 02 41 59 92 36

Innovation et formation vitivinicole

En novembre prochain, une formation professionnelle continue inédite verra le jour à l’IUT de Tours. A destination principalement des vignerons, il s’agit d’un diplôme d’université axé sur la gestion et le management d’entreprises vitivinicoles.

Né d’une collaboration entre le VinOpôle Centre-Val de Loire et l’IUT de Tours, ce projet se fonde sur les attentes du monde professionnel. En effet, une étude récente a souligné un désir d’acquisition et de développement de compétences complémentaires pour un certain nombre de vignerons de la région. Des entretiens avec des viticulteurs ont mis en exergue la difficulté de concilier la gestion et le management d’une entreprise avec le travail sur le terrain. La question s’est donc posée de savoir comment répondre à ces attentes ? D’où ce diplôme d’université créé par l’IUT de Tours, qui proposera quatre modules de trente heures chacun : gestion économique et financière, gestion commerciale et marketing, management et stratégie, et prospectives.

Ce diplôme a vraiment été construit sur mesure pour les vignerons en tenant compte de leurs contraintes de temps et en sortant d’un cadre trop strictement « scolaire ». Il propose à cet effet un enseignement alliant théorie et pratique en se déroulant sur des sessions de trois jours par mois, de novembre à mars. De plus, cette formation pourra se suivre « à la carte », en choisissant le ou les modules adaptés aux besoins de chacun(e).

L’objectif est de développer les compétences individuelles et collectives en fonction de l’évolution des procédés et des besoins du secteur. Les échanges de pratiques et de connaissances ainsi que la co-construction seront favorisés pour permettre à chacun(e) de valoriser ses acquis issus de l’expérience.

Une formule réfléchie et innovante, adaptable et flexible, qui assurera l’autonomie des salariés et des chefs d’exploitation, facilitant ainsi la transmission et l’installation des jeunes viticulteurs.

Véritable levier d’action, la formation continue est un atout non négligeable afin d’assurer la pérennité de la filière.

Plus d’informations sur www.vinopole-cvdl.com et www.tours-formation-continue.fr

La formation est accessible avec le niveau baccalauréat et une expérience de minimum trois ans.

La sélection se fait sur dossier (CV + Lettre de motivation), puis sur entretien pour les présélectionnés.

 Contacts

IUT de Tours – sefca@univ-tours.fr – 02 47 36 75 40

VinOpôle d’Amboise – contact@vinopole-cvdl.com – 02 47 23 45 11

 

Un été dans le vignoble nantais

Pour le vignoble nantais, l’été démarre par un concert gratuit, le vendredi 21 mai à Nantes, à l’hôtel Radisson Blu. La soirée lancera à la fois les animations des Caves Etonnantes et le festival Vignoble en Fête.

Des animations dans les Caves Etonnantes

La quatrième édition des « Caves étonnantes » démarre le 21 mai dans le vignoble nantais. Au programme jusqu’en octobre, des animations pour toute la famille.

Seize domaines du vignoble nantais ouvrent leurs portes cet été aux explorateurs. Ces Caves Etonnantes proposent des dégustations de leurs vins, mais aussi des explorations de l’histoire de leur vignoble, des chasses au trésor, des ateliers de greffage, des randonnées, des soirées chez le vigneron…

Bref : il y a en a pour tous les goûts et surtout pour toute la famille, puisque de nombreuses activités sont ouvertes aux enfants.

La saison sera lancée vendredi 21 mai par un concert à l’hôtel Radisson Blu, à Nantes, à 18h. Elle s’achèvera en beauté avec les vendanges, à l’automne.

Voir tout le programme des Caves Etonnantes.

Des concerts et spectacles

La 4e édition du Vignoble en fête, festival itinérant organisé par l’association Arttitudes, démarre aussi le 21 mai, et court jusqu’en octobre.

Au programme, 17 concerts et spectacles dans de petits lieux atypiques du vignoble. Le festival se déplace dans plusieurs communautés de communes: Vallet, Vallée de Clisson, Loire Divatte, Sèvre,Maine et Goulaine ainsi que Vertou et Basse Goulaine. Cette année, trois nouvelles communes accueillent le festival : Nantes, Vertou et Basse-Goulaine.

A noter : fidèle à ses valeurs, l’association Arttitudes développe cette année le volet « éco-citoyen » du festival, en incitant le public à pratiquer le co-voiturage pour aller aux soirées.

Pratique

Caves Etonnantes

Information et réservation en ligne à l’office de tourisme du Vignoble de Nantes / levignobledenantes-tourisme.com et nantes-tourisme.com

  • Bureau d’accueil Clisson : 02 40 54 02 95
  • Bureau d’accueil Vallet : 02 40 36 35 87
Vignoble en fête

Du 21 mai au 8 octobre 2016.

Tarif plein, 10€; 7€, tarif réduit (-30 ans & demandeurs d’emploi), 5€, tarif enfant (-12 ans). La billetterie en ligne

Infos et actualités sur la page Facebook d’Arttitudes

Le gel a mordu d’est en ouest

L’ensemble du Val de Loire, a des degrés différents, a été touché par l’épisode de gel de la semaine passée. Une semaine après, nous vous proposons ici un tour d’horizon des premiers constats d’ouest en est du fleuve.

Du côté ouest de la Loire, le Pays nantais est lui aussi touché. « On ne sait pas trop où on en est », témoigne Romain Mayet, ingénieur à la ferme de la Frémoire. Il est en effet difficile actuellement de savoir ce qui sera vraiment, définitivement ou pas, touché. La situation semble très irrégulière selon les secteurs. « Bien sûr, les endroits traditionnellement connus comme gélifs (l’est de Sèvre et Maine notamment), sont atteints, mais pas seulement eux. Nous attendons cependant que les beaux jours reviennent pour voir ce qui repart, disons dans une dizaine de jours. »

Laurent Ménestreau, le président de la Fédération viticole d’Anjou et du Saumurois, estime lui aussi qu’on n’a pas assez de recul en regard de cet épisode gélif, en tout cas sur sa zone et sur un plan général. « On a fait envoyer un mail pour avoir un maximum de retours et affiner la situation. Mais, franchement, nous n’avons pas une vue assez précise actuellement pour en dire plus. Si ce n’est que la situation est très irrégulière. Il faut maintenant attendre de voir comment la vigne va réagir, ce qui nous mène à la fin du mois de mai. Les vignobles ont été touchés, ça c’est certain, mais par poches sans que l’on puisse dire que l’altimétrie a joué un rôle ou pas, certains cépages ont peut-être été plus résistants… Toujours est-il, et heureusement pour nous, qu’on n’en arrive pas à 50% de dégâts comme en Touraine. Mais on ne vous dira pas cela du côté de Saumur-Champigny. » Là, la situation est effectivement plus délicate, c’est certain.

La moitié du vignoble tourangeau perdue

En Touraine, les appellations ont été touchées à différents degrés. Mais très largement dans l’ensemble. A tel point que le Département a d’ores et déjà débloqué une enveloppe d’urgence de 200 000 euros et que les différentes parties prenantes de ce dossier, y compris les organismes bancaires et la MSA, se sont réunies en Préfecture pour évaluer au mieux la situation et prendre les meilleures options possibles afin de répondre à la gravité de la situation. D’autant que cet épisode de gel intervient après un millésime 2013, dont on se souvient qu’il n’avait pas été extraordinaire, matraqué, notamment du côté de Vouvray, par la grêle, et deux autres, 2014 et 2015, qui, s’ils se sont révélés satisfaisants en termes de qualité, n’ont cependant pas offert des volumes suffisants pour reconstituer des stocks déjà faibles. Ce qui, bien entendu, est d’autant plus cruel pour les jeunes vignerons.

Il semble heureusement que l’ensemble des partenaires de la filière vinicole ait pris immédiatement conscience de la gravité du panorama. Guillaume Lapaque, le directeur de la Fédération des Associations Viticoles de Touraine, résume la situation : «  C’est réellement un gel historique. Je n’avais jamais vu cela ! Et pourtant, des gels, j’en ai vu quelques uns. Globalement la moitié de la récolte du département est amputée sachant que les vignobles d’Indre-et-Loire représentent six cents entreprises. Elles ont perdu 200 000 hectolitres de vin. Cela pèse pour quarante millions de chiffre d’affaires en moins, et au bas mot, en estimant la plus faible valorisation possible. »

Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’on doit maintenant se projeter dans les années 2017 et 2018, car ce n’est pas le millésime 2016 que les vignerons mettront sur la table cette année. « C’est sur ces deux années que nous aurons besoin d’aide. » Le constat n’est pas réjouissant : « Le trou de trésorerie est trop important pour pouvoir l’avaler. Nous avons besoin de lissage, de report d’annuités. Nous avons donc sollicité le fonds d’allègement des charges afin que l’Etat prenne en charge leur étalement. C’est tout ce que nous demandons. » Sachant que la situation est très tendue chez certains jeunes. « Car les vignerons bien implantés, même endettés, ne sont jamais lâchés par les banques. Alors que les jeunes, qui n’ont déjà pas de stock, s’il leur manque 20 000 euros… »

Guillaume Lapaque en appelle donc au soutien du public. « Ce qui nous importe vraiment », souligne-t-il, « c’est qu’il vienne aux salons et qu’il continue à nous acheter des bouteilles de vins. Plus que jamais nous attendons la fidélité de nos consommateurs, aujourd’hui et demain, car en 2018, il faudra être forts sur les marchés. »

Dans le Loir-et-Cher, c’est l’ouest de Saint-Georges-sur-Cher qui a été le plus touché. Oisly a aussi été impacté. Tout comme Cheverny et Cour-Cheverny. Mais loin du gel, heureusement, qui avait frappé le secteur en 2012. Là aussi, il va maintenant falloir attendre la fin du mois pour en savoir plus sur les conséquences de ce triste épisode, même si le Loir-et-Cher s’en tire beaucoup moins mal que sa voisine tourangelle.

Dans le Centre-Loire, le gel a mordu fort également. Du côté de Pouilly, Menetou-Salon et des Coteaux du Giennois, nous indique-t-on au Bureau Interprofessionnel. Quincy et Sancerre beaucoup moins. Quant aux vignobles de Reuilly et de Châteaumeillant, ils ont été épargnés par cet épisode « hivernal ». Benoît Roumet, le directeur de l’interprofession, avec l’ensemble de la filière de cet est ligérien, va maintenant regarder plus finement la situation. « On étudie tout ça de près pour discuter sereinement avec l’ensemble de nos partenaires à la fin du mois, syndicats, partenaires privés et publics. Nous voulons poser un regard serein pour aborder au mieux les problématiques. Par rapport à 91, on a une chance, c’est que l’argent n’est pas cher… Maintenant ça n’évacue pas la problématique de la perte de marché et de la trésorerie. Mais à chaque jour suffit sa peine. »

Benoît Roumet rappelle également la complexité de ce type de ce dossier, étant entendu que la notion de gel est elle-même très compliquée : « Nous avons tout eu… Des masses d’air très froides, il a plu, avec, ensuite, un grand soleil… Heureusement, les tours antigel, qui couvrent quatre hectares chacune, nous ont bien protégés là où elles étaient bien entendu. De nouvelles, américaines, qui couvriraient huit hectares chacune, se profilent sur le marché. Quincy a une vraie réflexion sur ce sujet, d’autant que c’est sans doute l’appellation la plus sensible quant à cette notion de gel. »

Jean-Claude BONNAUD

Selles-sur-Cher et Cheverny : les producteurs de fromage et de vin s’associent

Les syndicats de l’AOP Selles-sur-Cher et des AOC Cheverny et Cour Cheverny lancent une opération de communication commune. Un set de table mettant en valeur ces trois appellations phares de la région Centre-Val de Loire est proposé à tous les restaurateurs régionaux pour la saison estivale 2016. Une première !

Un bon fromage de chèvre avec un bon verre de vin… Si l’alliance gastronomique n’est plus à prouver, elle n’avait encore jamais fait l’objet d’une campagne de communication commune. C’est désormais chose faite avec le set de table coproduit par les syndicats de producteurs de fromages Selles-sur-Cher et de vins de Cheverny et Cour Cheverny, qui vient de sortir.

A l’heure où l’agritourisme et l’œnotourisme ont le vent en poupe, les deux organismes misent sur l’attrait des touristes – français ou étrangers – pour les produits gourmands, locaux et de qualité. Table et chaises en bois, graines de céréales et miettes de pain sur la table… La mise en scène est simple pour valoriser toute la gamme des Cheverny et les fromages de chèvre de Selles-sur-Cher. Ces deux produits phares de la région Centre-Val de Loire mettent ainsi en avant leurs atouts : simplicité, authenticité, complémentarité et richesse d’un terroir.

Entièrement réalisés par des prestataires locaux et imprimés sur papier recyclé, les 100 000 sets de table valorisent le savoir-faire des producteurs et une certaine idée du goût et de l’élégance qui font toute la réputation de la gastronomie française.

L’AOP Selles-sur-Cher, qu’est-ce que c’est ?

Fromage au lait de chèvre entier, le Selles-sur-Cher a la forme d’un disque à bords biseautés, légèrement tronconique. Il est salé et cendré au charbon végétal. Sa texture est onctueuse et fondante.

Il a obtenu son Appellation d’origine contrôlée (AOC) en 1975. Désormais reconnu au niveau européen pour sa typicité et ses caractéristiques particulières, il bénéficie de l’appellation AOP (Appellation d’origine protégée).

L’appellation s’étend sur 14 cantons situés en Champagne berrichonne, Basse-Sologne et Vallée du Cher, et concerne une partie des départements de Loir-et-Cher (41), de l’Indre (36) et du Cher (18).

Le syndicat de défense et de promotion du fromage en AOP Selles-sur-Cher regroupe l’ensemble des intervenants de la filière : producteurs de lait, producteurs fermiers, affineurs, transformateurs.

Quant aux AOC Cheverny et Cour Cheverny, on les connaît bien au Vin Ligérien puisque nous nous en faisons souvent l’écho. Rappelons que l’AOC Cheverny s’étend sur 574 hectares, entre Loire et Sologne, sur 24 communes de Loir-et-Cher. Elle produit des vins dans les trois couleurs. Au contraire de l’AOC Cour-Cheverny qui a la particularité de ne produire que des vins blancs issus d’un seul cépage, le Romorantin. L’appellation s’étend sur 60 ha et 11 communes de Loir-et-Cher.