Joel Forgeau, vigneron du Muscadet et président de la CVVL

CVVL : les vignerons de Loire s’organisent face au négoce

La CVVL, confédération des vignerons du Val de Loire, s’agrandit. En plus de représenter les différentes appellations de Nantes à Blois, l’organisation accueillera désormais les représentations des vignerons indépendants, des bio et des caves coopératives. Objectif : parler d’une seule et même voix face au négoce.

La CVVL, mais qu’est-ce que c’est encore que ça ?
La confédération des vignerons du Val de Loire réunit le « collège production », autrement dit les vignerons, de Nantes jusqu’à Blois. L’organisation doit porter leur voix notamment dans plusieurs instances « de bassin », des lieux de décision transversaux présidés par les préfets… Mais aussi au sein d’Interloire.

La CVVL existait déjà… mais par manque d’ambition et de moyen, était jusqu’à présent restée une « coquille vide », explique un observateur. Tandis que de leur côté, les grandes maisons de négoce -il est vrai nettement moins nombreuses… – étaient déjà bien organisées au sein de l’UMVL (union des maisons du val de Loire).

Jusqu’alors, la CVVL réunissait « seulement » les différentes fédérations d’ODG (organismes de défense et de gestion) : Loir-et-Cher, Touraine et Sarthe, Anjou-Saumur et Vins de Nantes, IGP du Val de Loire.

La nouveauté, annoncée le 29 novembre 2016 suite à l’assemblée générale, c’est que la CVVL s’agrandit et se dote de nouvelles ambitions. Désormais, la CVVL accueille aussi les « syndicats de métiers » : Mouvement des vignerons indépendants du val de Loire, fédération régionale des Caves coopératives du val de Loire, association interprofessionnelles des vins bio du val de Loire (AIVB-VL).

La CVVL parlera « au nom des vignerons de Loire »

Et ça change quoi, au juste ?

« Vu de l’intérieur, c’est un énorme changement, se réjouit Joël Forgeau, actuel président de la CVVL (jusqu’à l’élection du nouveau bureau en janvier 2017). Sur plusieurs chantiers et dossiers, nous avons plusieurs interlocuteurs, le Préfet, la Région, face auxquels nous avons besoin de parler d’une position unique, décidée en amont. Jusque là, il y avait plusieurs voix pour la viticulture… »

Désormais, toutes les « diversités » de la viticulture pourront échanger « en famille » au sein de la CVVL, avant de porter une position légitime devant ces grandes instances « au nom des vignerons de Loire ».

La CVVL, qui siège aujourd’hui à Angers, planchera sur des grands chantiers transversaux, depuis les autorisations de plantation jusqu’aux dommages pour intempéries. Mais au-delà, souligne Joël Forgeau, il s’agira de « décider ensemble de l’avenir du vignoble de Loire dans le contexte mondial. Vers quoi on veut s’orienter, qu’est-ce qu’on veut faire des vins de Loire, où est-ce qu’on veut positionner nos vins ? »