Vouvray : la bouteille et la plume à Paris

Les vignerons de l’appellation Vouvray se sont retrouvés tout récemment à Paris dans ce bel endroit qu’est Le Chai, qui a ouvert ses portes en septembre dernier. Une cave et un bistrot où l’on se laisse volontiers glisser dans l’univers du vin.

C’est ici, donc, que Jean-Michel Pieaux, le Président du Syndicat vouvrillon, et ses amis vignerons de l’AOC, sont venus présenter aux journalistes et sommeliers parisiens plusieurs de leurs productions récentes… et moins récentes. Le propos étant de faire déguster toute la palette des types de vins que l’on peut élaborer à partir du chenin, leur cépage emblématique. L’occasion également de montrer que les aubuis (argilo-calcaires) et les perruches (argiles et silex) de leurs terroirs permettent de faire des vins bien différents les uns des autres.

Sur ces trois mille hectares concernant les huit communes (1) de ce vignoble périurbain, les vignerons s’efforcent de répondre aux attentes des marchés, de plus en plus demandeurs en vins secs et où le chenin commence à trouver toute sa place, qu’il s’agisse des marchés nationaux ou internationaux, à côté des sauvignons et des chardonnays.

Si les fines bulles représentent habituellement les deux tiers de la production annuelle de l’appellation, cette part devrait se rétracter quelque peu avec le millésime 2018 dont la richesse convient mieux aux vins tranquilles.

Mais cette journée était aussi l’occasion de présenter notre numéro spécial sur l’appellation Vouvray, qui vient de sortir et qui est disponible en kiosques (9,50 €) ou sur commande. Un numéro de cent pages qui présente l’appellation sous sa forme culturelle et patrimoniale, mais aussi au travers de son histoire, de ses paysages, de ses espaces troglodytiques et, surtout, de ses femmes et de ses hommes qui s’attachent chaque jour à tirer le meilleur parti de leurs territoires.

  • Vouvray, Rochecorbon, Vernou-sur-Brenne, Parçay-Meslay, Noizay, Tours, Reugny et Chançay.
  • Notre photo : Le vignoble à Noizay, depuis le lieudit La Grosse Pierre.

Le modernisme de Bouvet-Ladubay

Patrice Monmousseau, le « big chief » de Bouvet-Ladubay, nous avait dit : « Vous avez vu notre siège à Saint-Florent, le centre d’art contemporain, le théâtre et évidemment les caves. Mais il vous manque une pierre à l’édifice, la plus importante, notre unité de production ! »

Va donc pour la dernière pièce du puzzle ! Dans la zone commerciale de Saumur, à Distré, avec de l’autre côté de la route, des vignes, qui font tapisserie. Sur 1,4 hectare, le bâtiment est à la fois imposant et discret. L’entrée doit plaire aux VIP et aux gros clients. Une allée avec quelques palmiers, une entrée romaine très Las Vegas… La seule fantaisie que se permet cette unité de production à la fois classique et ultra-moderne.

Bouvet-Ladubay avait besoin de s’agrandir… pour grandir. La maison tournant à 3,5 millions de bouteilles en 2008 quand l’unité est portée sur les fonts baptismaux. Dix ans plus tard, Bouvet-Ladubay pèse 6 600 000 bouteilles. Si c’est pas une réussite…

Après avoir enfilé la blouse blanche des visiteurs pour se mettre aux normes, la cuverie avec ses beaux trésors en inox, écrins qui abritent des dizaines et des dizaines de milliers d’hectolitres, est une belle première étape…

C’est là que l’assemblage naît, diligenté par Patrice Monmousseau qui a gardé la main et le palais sûrs. Avec l’aide de techniciens cocoonants, le liquide prend un coup de froid nécessaire (moins 4,2 degrés maximum). Refroidissement exigé pour les épisodes sucres et levures… Dans un cadre d’une propreté exemplaire. « Lors de l’installation », raconte Patrice Monmousseau, » une cuve s’est brisée. Il a fallu défaire la toiture pour la sortir et en installer une autre. Sacré chantier ! » Anecdote qui embellit l’histoire d’une unité construite et opérationnelle en six petits mois.

L’intervention de Robocop

On est passé ensuite à l’embouteillage. Attention, rien à voir avec la chienlit due aux voitures aux heures de pointe ! Là, les bouteilles sont soigneusement alignées. Et ça défile comme les militaires lors du 14 juillet ! C’est là qu’intervient Robocop 1. Le surnom qu’on lui a donné… Il met les bouteilles en caisse… Plus loin, beaucoup plus loin, Robocop 2 interviendra pour ressortir les bouteilles des caisses avant de se retrouver cul par-dessus tête. Mais on va trop vite… Le plus étonnant est que seulement une vingtaine de personnes travaillent dans cette unité de production qui sort à vue de nez 5 000 bouteilles à l’heure et 35 000 à la journée.

Difficile de ne pas être épaté par cette foultitude de métamorphoses dignes de la baguette de Harry Potter. Tout va vite…. Une autre machine qui congèle le goulot, puis le glaçon est bloqué, comme la goutte au nez… Puis, ça décapsule, puis le glaçon s’en va, puis le bouchon en liège aggloméré se prend 500 kg de pression pour entrer dans la bouteille. Puis, il y a le muselage, l’habillage du goulot, puis l’étiquetage… Gain de temps et d’énergie pour une chaîne de compétences. L’employé a troqué ses gros petits bras pour sa matière grise…

Patrice Monmousseau et sa fille Juliette (son bras droit et aussi son bras gauche) ont bon goût : les étiquettes sont classieuses. Comme d’ailleurs les cartons, repos des flacons. Tout est dans le détail qui fait la différence… C’est tout bête mais on a été scotché par une petite machine qui compte les bouteilles depuis 2008. On a 62 balais et on avait 13 ans quand Armstrong est allé sur la lune… Malgré ça, on a gardé l’enthousiasme juvénile.

Donc, quand notre regard d’enfant s’est posé sur la machine, la 56 865 901ème bouteille est passée devant nos yeux… Puis, 902ème, puis 903ème, puis… On a arrêté de compte, dépassé par le rythme…

Dans la salle au silence monacal dédiée aux cartons de bouteilles prêts à l’envoi, on a lu quelques destinations qui procurent l’âme d’un globe-trotter : Lettonie, Jersey, Belgique, Autriche, Pays-Bas, Allemagne, mais aussi Doué-la-Fontaine, Saint-Aignan, etc… 45 pays à l’exportation plus la France…

20 personnes seulement pour tout ça, 50 pour toute l’entreprise pour 6 600 000 bouteilles vendues. Vertigineux… Quand les gros clients et les VIP viennent à Saint-Hilaire-Saint-Florent, Patrice Monmousseau a le sens de l’hospitalité. Quand il fait beau, un bateau les prend à Saumur, sur la Loire, pour un débarquement quelques kilomètres plus loin au restaurant à « La Route du sel », au Thoureil, tenue par Marie Monmousseau, la fille de Patrice.

La Loire est à vos pieds, elle joue avec les bancs de sable mordorés, la lumière inonde le tuffeau, l’église veille, l’éternité n’est pas loin.

Et l’idéal pour coincer la bulle…

Jean-Eric ZABRODSKY

Notre photo : L’unité de production Bouvet-Ladubay à Distré (Document remis)

Le Salon des Vins de Loire a le moral !

« Le Salon des Vins de Loire, qui aura lieu les 4 et 5 février 2019, au Parc des Expositions d’Angers, conforte une nouvelle fois son positionnement de place de marché reconnue pour sa mise en lumière des viticulteurs de Loire. » C’est ce qu’expliquent les organisateurs de ce rendez-vous annuel qui existent depuis plus de trente ans maintenant, malgré la concurrence qui s’est installée, ici et là, depuis lors. Une récompense en regard des efforts accomplis qui témoigne de l’écoute apportée aux remarques de ces dernières années de la part des exposants. « Depuis deux ans maintenant, le Salon des Vins de Loire fait évoluer son contenu (scénographie, digitalisation, oenotourisme…) pour apporter à son écosystème le meilleur de la Loire sur ce territoire riche en diversité. »

Plateforme de découverte du nouveau millésime de dégustations et de rencontres professionnelles, le Salon des Vins de Loire atteindra ainsi le chiffre de 330 exposants en 2019, « soit une augmentation de 15% par rapport à 2018. »

Une augmentation que l’on peut également mettre en corrélation avec les conditions exceptionnelles du millésime 2018 dont il est acquis qu’il sera, et à plus d’un titre, exceptionnel. « Sur l’ensemble du vignoble, les récoltes s’avèrent très bonnes, tant qualitativement que quantitativement », confirme-t-on à Angers. « Qu’il s’agisse des exposants habitués qui reviennent chaque année au Salon, de viticulteurs néophytes qui, pour la première fois, viennent exposer ou encore de viticulteurs emblématiques qui font leur grand retour, l’événement reste centré sur l’Expérience cœur de Loire en mettant en avant les multiples facettes du vignoble et de sa production, ainsi que la diversité des modes de consommation. »

Ces journées professionnelles seront balisées par des masterClass, un espace de libre dégustation mais aussi des espaces dédiés aux start-up, aux cidres, bières et spiritueux artisanaux. A noter une nouveauté : le concours des « Bacchus de l’Oenotourisme » qui viendra consacrer les meilleurs projets oenotouristiques pendant le Salon des Vins de Loire.

Quant aux salons « off » et à la programmation Food’Angersvins et gastronomie, ils seront de nouveau au menu de ces deux journées de rencontres.

 

Domaine des Galloires (Anjou – Coteaux d’Ancenis – Muscadet) – Le Vin Ligérien n°26

La vue est spectaculaire : des coteaux de vignes qui descendent en courant vers la Loire, qui scintille sous le soleil d’hiver. Et, tout en haut, le domaine des Galloires ainsi qu’une chapelle. Une pierre de ce petit édifice du XIXe siècle porte encore le souvenir du vieux château des Gallouères, victime de la Guerre de Cent Ans. Les traces de vignes sur ce territoire remontent en effet au XVe siècle. […]

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Nicolas REAU (Anjou) – Le Vin Ligérien n°26

Ici c’est ma salle des fêtes, et aussi mon bureau. » On ne sait jamais trop à quoi s’attendre, en débarquant dans un domaine viticole. Tapis rouge, ou mine sombre ? Plaquette tarifaire sur papier glacé, ou coin de chai encombré ? Tout est possible. Mais la salle des fêtes, ça, c’est une première. […]

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Frederic SIGONNEAU (Chinon) – Le Vin Ligérien n°26

Si je me fais plaisir, j’en donne. » Les vins de Frédéric Sigonneau sont un peu à l’image de l’homme qui les invente : francs du collier et plus complexes que la première impression laissée sous le palais. En revanche, le vigneron de Cravantles-Coteaux et ses vins du Domaine de L’R sont au diapason sur un point : ils donnent le sourire… autant que leur nom de baptême interpelle : par exemple, Les 5 Eléments, un assemblage 100 % cabernet franc (AOP Chinon) de cinq parcelles issues de cette vaste plaine de graviers posée sur la rive droite de la Vienne. Il s’agit du premier né de l’engagement quasi passionnel de Frédéric Sigonneau pour cette terre familiale qu’il aurait pu oublier. Il y a travaillé ses vignes en bio, puis désormais en biodynamie. […]

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Christophe et Philippe PITAULT (Bourgueil – Saint-Nicolas-de-Bourgueil) – Le Vin Ligérien n°26

Les générations se succèdent au Domaine Les Pins. Et il semble bien que chacun de ses représentants s’ingénie à se distinguer du lot commun. Pour qui connaît son AOC Bourgueil sur le bout de la langue, ici, on compte deux terroirs et donc deux types de vins différents. Au sud de l’appellation, en direction de la Loire, ce sont les sables et graves. Des vins légers et parfumés s’y épanouissent. Au nord, les coteaux argilo-calcaires exposés plein sud produisent des vins plus tanniques, des vins de garde donnant de très belles bouteilles qu’il faut savoir attendre. La cave des frères Philippe et Christophe Pitault offre cette déclinaison 100 % cabernet franc devant tout à la géologie et à des pratiques culturales très raisonnées. Or, et c’est là que cela devient intéressant, au milieu coule, non point une rivière, mais un terroir argilo-siliceux de transition. […]

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Gwladys, Manu et Michel COLESSE (Vouvray – Touraine) – Le Vin Ligérien n°26

Le vin est un produit vivant. Le jour où il ne sera plus question que de recette de cuisine, j’arrêterai. » Son regard attentif et chaleureux résume à lui seul Gwladys Colesse, jeune vigneronne et femme de tête. On se doit certainement d’avoir du caractère lorsque, comme elle, on décide de revenir travailler, sans préméditation, sur son terrain de jeu d’enfance ; en d’autres termes, les vignes de son père, Michel. Des vignes en zone frontalière puisque la moitié pousse en AOC Vouvray sur des argiles à silex. Certaines parcelles voient même affleurer la roche mère. Ces terres pauvres font un lit douillet aux cuvées nature. L’autre partie du domaine fructifie en AOC Touraine sur des sols plus riches. […]

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Thierry DELAUNAY (Touraine Chenonceau) – Le Vin Ligérien n°26

Bon sang ne saurait mentir. Très tôt, Thierry Delaunay a senti que le – sympathique – démon de la vinification lui démangeait le bout des doigts… « Ma première date de 1992 : c’est là qu’est née ma passion pour le sauvignon blanc », se souvient-il. « Ce cépage demande de la technicité et une maîtrise fine de la fermentation. Alors que l’on se laisse plus de marge sur les rouges, le sauvignon exige le juste calibrage. Et, d’une année sur l’autre, tout est à revoir. Il faut constamment s’adapter. » Demandez-lui de vous parler de son Touraine-Chenonceaux La Voûte 2016. Ce nez aromatique de fruits bien mûrs aux accents exotiques est obtenu « à 100 % par une macération pelliculaire de vingt heures au pressoir. ». […]

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Willy DEBENNE, Vincent GUICHARD, Frederic PLOU (Touraine – Touraine Amboise – Montlouis) – Le Vin Ligérien n°26

L’histoire de France s’est fréquemment invitée en Touraine et, plus particulièrement, à Amboise. La ville de François 1er ne se réduit pourtant pas à ce monarque-phare de la Renaissance. En 1761, l’acquisition du domaine de Chanteloup par le duc de Choiseul, gouverneur de la Touraine et Premier ministre de Louis XV, va laisser des traces durables sur ce plateau un temps rival de Versailles. […]

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