montlouis-helico

Loire : mobilisation générale contre le gel [1/2]

 Touraine et Centre : « Nous devons être prêts »

Après deux années de gel en 2016 puis 2017, l’heure de la mobilisation a sonné dans le Val de Loire. Episode #1 : le jeu collectif des vignobles de Touraine et du Centre.
Dans les vignobles de la région Centre Val de Loire (Touraine et Centre), la mobilisation a démarré dès 2016. Le gel de 2017 a finalement « accéléré » des projets déjà dans les tuyaux, explique Benoît Roumet, directeur du BIVC (Centre Loire). Après deux millésimes de gel, la crainte que des dérèglements climatiques soient désormais à prévoir tous les ans est dans toutes les têtes. « Nous devons être prêts », estime la directrice de l’ODG de Montlouis.

« A partir de 85% de vignes couvertes,
l’investissement est rentable »

Au cœur du dispositif, l’étude pilotée par Anastasia Rocque, pour la Région Centre Val-de-Loire. Récapitulatif des différents dispositifs antigel et de leurs coûts, cartographie des zones gélives du Loir-et-Cher… Le principal enseignement de ce travail jusqu’à présent unique en France (mais qui inspire aujourd’hui la Bourgogne), c’est l’importance du collectif.

«On a très vite compris que plus la surface protégée était large, plus le système était efficace », explique Anastasia Rocque. « Le modèle de Chinon ou du Loir-et-Cher a prouvé qu’à partir de 85% de vignes couvertes, l’investissement était rentable », détaille Virginie Floreau, directrice de l’ODG de Montlouis-sur-Loire .

Pour cela, la « vieille » solution de la CUMA spécial gel, permettant à différents domaines de se regrouper autour d’investissements antigel, a été adoptée dans plusieurs vignobles. Il faut dire que cette formule permet aussi de bénéficier d’aides de la Région (35% du montant).

Ainsi à Chinon, une quarantaine de vignerons de Cravant-les-Coteaux se sont réunis pour acheter 38 tours antigel au sein de la CUMA Gel, qui en possédait déjà 8 depuis 2000. Un investissement de plus d’1,5 million d’euros, qui permet aujourd’hui au village de revendiquer près de 40% de vignes couvertes contre le gel. A Quincy, 2 millions d’euros ont permis de protéger 80% du vignoble… dont 100% des parcelles sont gélives. Et du côté de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, des vignerons se sont associés pour mener un chantier d’éolienne en auto-construction.

26,7 millions d’euros nécessaires
pour protéger le vignoble d’Indre-et-Loire

A Montlouis, c’est plutôt l’ODG qui s’est mobilisé pour créer le fameux plan hélicoptère, qui a tant fait couler d’encre en 2017. Grande première au printemps dernier, cette opération s’est révélée efficace, pour un coût raisonnable de 570€/ha, résume Virginie Floreau, directrice de l’ODG.

Contactée par de nombreuses autres appellations de France, la responsable freine toutefois les enthousiasmes : « On a réalisé un très gros travail de cartographie et d’entraînement en amont, avec les pilotes. Et on a eu de la chance de tomber sur une société qui a pris les choses très au sérieux. » Par ailleurs, certaines zones ont gelé malgré les hélicos… « Et pour celles-là, nous prévoyons aujourd’hui de créer une CUMA pour des tours antigel pliables» d’ici 2019.

La protection globale ne se fera de toute façon pas en une année… En 2016, Anastasia Rocque avait estimé les investissements nécessaires à la protection du seul vignoble gélif d’Indre-et-Loire (37) à 26,7 millions d’€. Aujourd’hui, alors que tout le monde attend avec anxiété le printemps 2018, et malgré les investissements déjà consentis, environ « 10% » du vignoble gélif de ce département est effectivement protégé…

Prochain épisode :
Muscadet et Anjou : « Ne pas subir les conditions climatiques »