Loire : mobilisation générale contre le gel [2/2]

Muscadet et Anjou : « Ne pas subir les conditions climatiques »

Après deux années de gel en 2016 puis 2017, l’heure de la mobilisation a sonné dans le Val de Loire. Episode #2 : le Muscadet et l’Anjou en ordre dispersé.

 

En 2017, le Muscadet a enregistré une récolte de melon de b. 30 à 40% inférieure à celle de 2016, pourtant déjà réduite. En réaction, « des achats massifs de bougies » ont été enregistrés, plusieurs études ont été lancées, et au moins deux CUMA se sont d’ores et déjà créées…

A la Chapelle-Heulin, par exemple, une dizaine de domaines ont investi dans 9 éoliennes mobiles, un investissement partagé de 300000€ (qui devrait bénéficier de 35% d’aides de la Région). « C’est beaucoup, résume Rémi Bonnet, du domaine Bonnet-Huteau. D’autant plus que ce n’était pas prévu. Et si on regelait cette année, ça ne changerait pas grand chose, puisque ça fait 30 ha protégés sur 10 exploitations… Mais il faut bien commencer ! »

« Beaucoup de choses à faire,
et pas beaucoup de trésorerie »

mobilisation gel Loire 2018 Muscadet

mobilisation gel Loire 2018 Muscadet

Par ailleurs, le syndicat a également obtenu que les eaux du marais de Goulaine ne soient plus abaissées en cette saison, et jouent ainsi leur rôle protecteur.

Ailleurs, des initiatives personnelles sont nées : le domaine Bedouet a ainsi fait le choix des fils chauffants, un nouveau système qui les a convaincus. Pour le payer, ils ont fait appel à un financement participatif.

Mais le Muscadet a d’autres soucis que le gel… à commencer par le mildiou. « En fait, on cherche des solutions pour ne pas subir les conditions climatiques, qui semblent de plus en plus difficiles », résume Rémi Bonnet. « Mais ça fait beaucoup de choses à faire en même temps, alors qu’on n’est pas très à l’aise au niveau trésorerie. »

Nouveau : les assurances paramétriques

En Anjou aussi, le plan « antigel » est encore balbutiant. Un seul projet collectif est en voie de création, à Saumur-Champigny : une CUMA pour acheter des tours antigel… qui ne seront certainement pas en place pour avril 2018.

Mais la fédération Anjou-Saumur a en revanche avancé « sur le dossier des assurances », explique Sylvain Micol. Moteur sur ce sujet au niveau régional, voire national, la fédé s’est penchée sur un nouveau type de contrats : les assurances paramétriques. Ces contrats prennent en compte les conditions climatiques, et seraient du coup plus avantageuses pour les vignerons, surtout dans le cadre de contrats à grande échelle… Un bilan sera dressé fin février, pour savoir combien de domaines ont fait le choix de l’assurance.

La fédération préconise également le système des VCI (volumes complémentaires individuels) qui permettent de faire des réserves à partir de surplus (en test sur le cabernet d’Anjou et sur le Crémant de Loire). Mais pour ça, il faut avoir des réserves… « Mais on peut penser qu’à un moment, on aura des récoltes normales, quand même », soupire Sylvain Micol.