P1080267

Chez Bruno à Amboise pour le gamay primeur

Si l’appellation Touraine a choisi de bouder l’annuel primeur dont elle estime qu’il n’est pas représentatif sur le plan qualitatif, les amoureux du vin et de la convivialité, eux, continuent à le plébisciter très essentiellement pour les vertus conviviales qu’il recouvre avec ses allures de gamay gamin, pas toujours très assuré mais dont la couleur allumeuse et les fruits gourmands en font chaque année un rendez-vous incontournable autour d’une « charcutaille ». Et grâce soit rendue à Henry Marionnet (voir notre dossier dans le numéro 27 du Vin Ligérien actuellement en kiosques) de l’avoir inventé au milieu des années 70. Lequel Henry vous rappellerait que le primeur est le vin le plus difficile à faire. Et comme c’est un grand vigneron, membre de l’Académie des Vins de France, on peut le croire.

Bref, il reste tout de même quelques vignerons à croire que rigoler autour d’un verre vaut bien qu’on s’arrête une heure ou deux. Ceux-là se sont, par exemple, retrouvés à Amboise, au restaurant Chez Bruno, « presque étonnés de se voir aussi nombreux ici, au restaurant de Frédéric et Louisa Plou », m’a dit mon confrère Patrick Chateau qui participait à ce déjeuner mijoté avec l’appui de l’Union des Œnologues du Val de Loire. Un peu comme celles et ceux qui se sont donné rendez-vous le même jour à Tours (c’est-à-dire mardi 13 novembre), à la Vinothèque d’Olivier Dubois, pour fêter ce gamay frondeur. « Des professionnels, venus d’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher voisin ravis d’avoir de nouveau l’occasion d’affirmer que leurs primeurs s’inscrivent honorablement au cœur de leur région. Vive le cépage 100 % gamay, vendangé à la main ! », m’a carrément soufflé Patrick Château. Comment mieux dire ?…

Jean-Claude BONNAUD