Garder le bon cap sur l’oenotourisme !

Les onzièmes rencontres du réseau des caves touristiques du Val de Loire ont accueilli une centaine de participants au Sival, à Angers le 16 janvier, pour la remise des labels d’excellence aux vingt-sept caves récompensées pour leur qualité oenotouristique (il s’agissait d’une première pour huit d’entre elles).

« Après avoir enrichi les débats autour de la construction de l’offre en 2018, InterLoire a choisi cette année de faire le focus sur le développement commercial des prestations oenotouristiques », note l’interprofession. Sans oublier l’intervention de Didier Marceillac, professionnel du tourisme au cabinet SIFG : « L’oenotourisme est une activité en pleine croissance, qui doit se structurer en lien avec les vingt mesures publiées à l’issue des Assises nationales de l’oenotourisme. Le Val de Loire doit, notamment, développer la commercialisation de ses prestations oenotouristiques, qui représentent un enjeu majeur pour accroître les recettes des maisons et domaines, en référence à un nouveau métier pour les vignerons, le tourisme. »

 Plus d’un million de personnes ont visité les domaines viticoles de la Loire au cours de la saison 2018, ceci pour les 350 caves du réseau des caves touristiques, entre avril et septembre 2018, période qui représente 70% des visites annuelles. Le chiffre d’affaires estimé, sur cette période de six mois, se montant à 49 millions d’euros, pesant pour 65% du chiffre d’affaires de 2017 avec un panier individuel moyen de 90 euros.

Le mois de mai 2018 s’est révélé particulièrement fort en région Centre-Val de Loire (+ 20 000 visiteurs en Indre-et-Loire) quand le mois d’août a accusé une baisse en Pays de la Loire (-20 000 visiteurs en Maine-et-Loire).

Retenons enfin que les temps forts du plan d’action 2019 d’InterLoire en la matière, soutenu par les régions Centre-Val de Loire et Pays de la Loire, s’articuleront de la manière suivante :

 La diffusion en mars de 150 000 exemplaires de la carte des caves touristiques.

 Le lancement d’une animation sur le web pour créer du trafic vers les domaines, suivi d’un jeu dans les caves touristiques de mai à septembre.

 Les actions de promotion à l’étranger dans le cadre des campagnes d’Atout France entre avril et juin.

 L’événement Vignes Vins Randos en Val de Loire qui fêtera ses 16 ans les 31 août et 1er septembre et intègrera un nouveau parcours sur le territoire de l’AOP Saumur Puy-Notre-Dame.

Notre photo Le Vin Ligérien : Le vignoble d’Indre-et-Loire (ici, à Noizay) a connu une excellente fréquentation oenotouristique en 2018.

Le Salon des Vins de Loire d’Angers consacrera les performances ligériennes à l’export

« Les vins blancs du Val de Loire représentent le nouveau phénomène français sur le marché américain, le premier marché de vins au monde, avec des exportations qui, en dix ans, ont doublé en volume et triplé en valeur pour atteindre les 67 millions d’euros en 2018 ! » Des données qui émanent d’Interloire et qui traduisent une performance dont on ne peut que se réjouir.

Les responsables de l’interprofession indiquent même que, « sur les deux ans qui viennent », les vins ligériens connaîtront « la plus forte croissance de la demande sur le marché américain, avec un millésime 2018 d’exception, tant sur la qualité que sur les volumes. » D’autant plus intéressant que les Américains ne sont pas les seuls à s’intéresser aux vins de Loire. On pourra le vérifier, on l’espère, lors du prochain salon d’Angers, réservé aux professionnels français et étrangers, qui se déroulera les 4 et 5 février. Qui s’appuiera, bien entendu, sur ce millésime effectivement exceptionnel. Les vins que nous avons déjà eu l’occasion de goûter sont tout simplement incroyables, tant pour les blancs que pour les rouges.

Avec 342 exposants (+ 20 % par rapport à 2018 et + 50 % en regard de 2017), cette édition, expliquent les organisateurs, « se distingue par une mobilisation sans précédent des producteurs qui sont 297 à exposer cette année. » Avec, « parmi eux, 38 pour qui ce sera une première. » L’offre semble donc bien renouvelée, et il faut noter que près d’un tiers des producteurs présents sont certifiés bio, biodynamie, Terra Vitis, ou HVE (Haute Valeur Environnementale).

Les jeunes seront également très présents à Angers. Le Salon des Vins de Loire ayant créé, depuis 2015, un pôle dédié à cette nouvelle génération qui leur permet d’exposer collectivement en bénéficiant de conditions préférentielles. Ils seront ainsi une vingtaine cette année, contre quinze un an plus tôt.

Côté programmation, et au-delà d’un large éventail de dégustation des différentes appellations, l’édition 2019 mettra l’accent, le 5 février, sur l’œnotourisme. Quatre conférences se tiendront, par exemple, sur ce thème, avec, en point d’orgue, la remise des prix des premiers Bacchus de l’Oenotourisme, « visant à distinguer les innovations et/ ou les bonnes pratiques contribuant à la promotion de l’oenotourisme et au rayonnement de la destination Val de Loire. »

Rappelons que le Salon des Vins de Loire accueille 11% d’acheteurs internationaux pour 35 nationalités.

Notre photo : Un chenin, à Noizay (AOC Vouvray), le 10 septembre 2018.

Ensemble, c’est mieux !

InterLoire a réuni le premier Conseil professionnel de bassin, le 15 janvier au SIVAL d’Angers (le salon professionnel du matériel et des services pour la production végétale, y compris le vignoble, bien entendu). Il s’agit « d’un mode de gouvernance innovant et ambitieux pour porter le plan filière 2030, basé sur une collaboration renforcée avec les Chambres d’agriculture », explique le communiqué de presse. « Les mutations économiques, techniques, sociales et sociétales, traduites dans les quatre engagements des États Généraux de l’Alimentation (EGA) conduisent en effet la filière viticole à proposer une stratégie régionale à cet horizon. »

L’objectif est de valoriser des compétences complémentaires : « Une connaissance indispensable de l’amont de la filière et des entreprises pour les Chambres d’agriculture, celle des marchés pour l’interprofession. » Pour ce faire, la convention cadre, officialisant cette collaboration, a donc été signée au SIVAL, en présence de Jean-Marie Barrillère, président du CNIV (Comité National des Interprofessions des Vins) et Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vins de FranceAgriMer. « Cette convention est unique en France. Elle renforce notre collaboration avec InterLoire afin d’être mieux armé pour répondre aux enjeux telle que l’adaptation aux changements climatiques et à la transition écologique », ont précisé François Beaupère, président délégué de la Chambre régionale des Pays-de-la-Loire et Dominique Girault, représentant le président de la Chambre régionale du Centre-Val de Loire.

Le Conseil professionnel de bassin approfondira le traitement des sujets du vignoble « pour un pilotage de la stratégie sur les grands enjeux » et sera l’interlocuteur du Conseil de bassin, réunissant les représentants des administrations, sous la présidence du Préfet coordinateur.

Lors de ce premier Conseil Professionnel de bassin, quatre groupes de travail ont été définis sur la base des quatre engagements des Etats Généraux de l’Alimentation. L’objectif est de faire une restitution du plan 2030 au Conseil de bassin de juin 2019.

Pour Jean-Martin Dutour, président d’InterLoire, « les travaux conduits démontrent la place centrale du vignoble du Val de Loire dans mille ans d’histoire du vin. Je suis convaincu que ce rapprochement des compétences permettra à la filière d’être plus efficace pour porter l’ambition du Val de Loire et démontrer sa capacité, compte tenu de ses atouts, à continuer d’occuper une place majeure au sein de la viticulture française. »

A suivre, comme on dit.

Notre photo : Vue du Chinonais (Photo Le Vin Ligérien)