Quelques infos du Val de Loire

La première édition du salon Wine Paris, créé par VinoVision et ViniSud, se tient en ce moment, jusqu’au 13 février, avec deux mille exposants environ. Le Val de Loire figure dans les trois régions les plus représentées.

Le bio progresse, ce qui favorise les vins du Val de Loire. En France, les ventes de vin bio devraient doubler en volume d’ici 2022, selon une étude Sudvinbio-IWSR présentée fin janvier à Montpellier et auquel ont participé 73 entreprises ligériennes.

2018 : un chiffre d’affaires record. L’an passé, les exportations de vins du Val de Loire ont généré un revenu de 282 millions d’euros, en hausse de 36 % sur les dix dernières années.

Mention complémentaire sommellerie. Le vignoble du Val de Loire est engagé, depuis de nombreuses années, dans la formation des jeunes sommeliers. InterLoire et le BIVC (Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre-Loire (1) proposent ainsi à 58 établissements en France un kit de formation.

(1) Ce sont les deux interprofessions du Val de Loire, de l’Atlantique au Sancerrois. Source des informations ci-dessus : Interloire.

Photo : Le Vin Ligérien. Ici à Blaslay, dans le Haut-Poitou.

 

Le Salon des Vins de Loire d’Angers a du souffle !

Le Salon des Vins de Loire d’Angers s’est déroulé la semaine passée. Avec un nombre d’exposants en nette hausse (+20%) et un public professionnel à l’équilibre, avec près de 7.500 visiteurs de 38 nationalités différentes.

La 33e édition du Salon des Vins de Loire d’Angers a démontré qu’il garde une place prépondérante dans le calendrier ligérien. « Il est le rendez-vous légitime de l’offre Loire », explique-t-on à Angers. « Preuve en est avec une mobilisation sans précédent des structures professionnelles telles que les fédérations, les syndicats d’appellation ou encore les Vignerons Indépendants sur cette édition. »

Le Concours des Ligers a accueilli cette année un nombre record d’échantillons (2 471) pour la dégustation.

Pour ce qui concerne l’oenotourisme, s’est tenue la remise des prix des premiers « Bacchus de l’oenotourisme ». Ce nouveau concours, organisé par Destination Angers, a récompensé les initiatives contribuant à la promotion de ce secteur et au rayonnement du Val de Loire. Cinq prix se sont vu décerner, encourageant ainsi leurs nouvelles initiatives sur l’univers du vin (soixante-cinq candidatures avaient été déposées).

Cette édition a également vu le lancement officiel de la promotion du Congrès International du Chenin Blanc qui se déroulera au Centre des Congrès d’Angers du 1er au 3 juillet. L’espace dédié aux chenins de Loire a ainsi accueilli, outre une dégustation durant trois jours, des opérations de promotion de cette future manifestation avec : distribution de badges #fandechenin, un stand d’informations et d’inscriptions et, en salle de presse, une conférence de présentation aux de cet événement. Ce premier Congrès International du Chenin est destiné à des professionnels du vin passionnés par le chenin : vignerons, importateurs, distributeurs, cavistes, sommeliers, journalistes, etc.

 « Cette 33ème édition du Salon des Vins de Loire », a estimé Eric Grelier, Président nouvellement nommé à la tête du Comité d’Orientation Stratégique du salon, « marque le début d’une nouvelle histoire. Une histoire que l’on peut écrire à plusieurs mains au service de l’offre Loire dans sa globalité. Avec les « off » et les évènements connexes – la Levée de la Loire et le Salon Demeter notamment – qui se déroulent à Angers sur quatre jours, le Parc des Expositions devient le cœur névralgique d’une expérience protéiforme qui séduit un public toujours plus large. »

Les prix oenotouristiques :

L’Auberge des Isles à Montreuil-Bellay (Anjou) pour la « Restauration et l’Hébergement », le Domaine Couly à Chinon (Touraine) pour la « Mise en valeur touristique du Vignoble », Val de Loire Travel (Tours) pour la « Vente de produits oenotouristiques », le « Muscadétours » (Vignoble de Nantes) pour la « Promotion de l’oenotourisme » et, enfin, le Domaine de Montcy à Cheverny (Vallée du Cher) qui a obtenu le prix « Coup de coeur du jury ».

Notre photo Le Vin Ligérien : Le chenin s’affirme comme l’une des stars du Val de Loire.

En route pour les prochaines Journées du Livre et du Vin de Saumur !

La 24ème édition des Journées du Livre et du Vin de Saumur connaît ses lauréats. L’édition 2019 aura lieu les 13 et 14 avril.

 C’est au café parisien Les Deux magots que se sont réunis, en ce début février, les jurés des prix littéraires des Journées du Livre et du Vin de Saumur pour délibérer et désigner les lauréats 2019.

Nan Aurousseau a remporté le « Prix Claude Chabrol – Château de Parnay/Saumur Agglo » pour son roman Les amochés (Buchet-Chastel), Sylvie Augereau le « Prix Jean Carmet – De Chanceny/Crédit Mutuel » pour son livre Le Vin par ceux qui le font pour ceux qui le boivent (Tana), François Guillaume Lorrain le « Prix Patrick Poivre d’Arvor » pour Vous êtes de la famille ? (Flammarion), Edouard Bureau le « Prix Jean-Claude Brialy de la Ville de Saumur » pour Le lion sans crinière (Sable polaire) avec une mention spéciale pour De la race des seigneurs d’Alain-Fabien Delon (Stock), Jean-Jacques Annaud pour Une vie pour le cinéma (Grasset) le « Prix Hervé Bazin – Département de Maine et Loire » et enfin Patrick Besson pour Le milieu de terrain (Grasset) le Prix Renault Antoine Blondin.

Il faudra cependant attendre avril pour connaitre les lauréats des « Prix François Morellet », créé en 2016 et récompensant un livre sur l’art et « Prix de la femme » qui seront révélés le jour de la remise des prix officielle, en présence des lauréats, des jurés et des partenaires du Livre et du Vin le dimanche 14 avril lors de la 24ème édition des Journées du Livre et du Vin.

Ce rendez-vous parisien est aussi l’occasion d’annoncer les grandes lignes du programme 2019, étant entendu que ces Journées se dérouleront les 13 et 14 avril. Avec, pour thème, la femme et la féminité. Mireille Calmel, Mireille Dumas, Agnès Abécassis, Emilie Freche, Claire Barré, Mylène Demongeot, Cali, Laurent Gerra, Daniel Picouly, Fabien Lecoeuvre, Jacques Salomé, Gwenaële Robert, Jean-Jacques Annaud, Bernard Werber, Franz-Olivier Giesbert, Olivier Norek ont d’ores et déjà confirmé leur présence à Saumur.

Côté Vins, pour les dégustations publiques, quelques vigneronnes de différentes appellations françaises, sous la houlette de l’association « Chais Elles », seront là également.

Trois expositions illustreront le thème annuel :

  • Les portraits d’auteurs « Instants complices » du photographe saumurois Gérald Angibaud.
  • Les photos de « nus » de femmes par le photographe Kazim Dubovski.
  • Les affiches de films portant sur les femmes et plus particulièrement une collection d’affiches dont certaines exceptionnelles sur une des comédiennes emblématiques, Catherine Deneuve.

Enfin, préalablement au week-end de salon, le vendredi 12 avril, une grande soirée « Cinéma » sera organisée au Grand Palace de Saumur avec la projection d’un court-métrage sur George Sand et du film L’amant adapté du célèbre roman de Marguerite Duras, Prix Goncourt en 1984, en présence du réalisateur, Jean-Jacques Annaud.

 Lieu du salon : Théâtre Le Dôme, Place de la République, Chapelle Saint-Jean et Salle Beaurepaire (pour les tables rondes)

Dates : 13 et 14 avril 2019

Ouverture du Salon dès le samedi 13 avril après-midi, de 15 à 19 heures.

Dimanche 14 avril, salon ouvert de 10 h 30 à 18 heures.

Remise des prix littéraires le dimanche 14 avril à 11h, cour de la mairie.

Tarif entrée : 9 € par personne incluant un verre gravé et un programme

Tarif accès 2 jours : 13 € incluant 1 verre gravé et un programme

Billetterie Office du Tourisme de Saumur dès mars 2019 ou directement sur le site du Livre et du Vin. Renseignements sur : www.livreetvin.com

100 % Pineau d’Aunis, les cuvées ambassadrices 2019

Pour la deuxième année consécutive, les Vendômois ont sélectionné leurs cuvées de pineau d’Aunis préférées pour en faire les ambassadrices d’un territoire méritant toute sa place en Val de Loire.

Il y eut la Marque Jaune, immortalisée par Blake et Mortimer. Il y aura désormais la marque Vendôme notamment apposée sur les bouteilles contenant un vin issu à 100 % du cépage pineau d’Aunis. Tel était l’objet de la dégustation réunissant élus vendômois et vignerons de ces jolis coteaux à la Maison des Vins de Thoré-la-Rochette, récemment. Après la sélection de printemps consacrée aux vins gris, la vedette était donc donnée aux rouges proposés volontairement par les vignerons et vigneronnes.

« Il ne s’agit pas d’évaluer la conformité des vins à l’appellation ou de les classer comme dans un concours, mais de retenir ceux exprimant une originalité et un niveau d’expression minimum », a rappelé Christophe Prouteau, œnologue préalablement chargé de préparer les membres du jury. Autrement dit, leur apporter méthode et vocabulaire pour nommer les sensations éprouvées lors de la dégustation, tout en les familiarisant aux caractéristiques du pineau d’Aunis.

Les étiquettes de chacun des huit vins numérotés ce jour-là étaient soigneusement cachées. Soit un vin témoin – Jumert 2015 – pour étalonner son palais, puis sept propositions dont six ont été retenues pour porter l’écusson Vendôme à partir du printemps 2019. Il s’agit donc des Vieilles vignes 2017 et Intuition 2017 (Domaine Patrice Collin), Grillé d’Aunis 2017 (Cave coopérative du Vendômois), Vieilles vignes 2017 (Cave Jumert), Grandgousier 2016 et Picrochole 2017 (Domaine de Montrieux).

Guettez donc les collerettes « Vendôme, pineau d’Aunis » lors de vos prochaines visites de caves. Elles signaleront les cuvées « ambassadrices » retenues lors de cette sélection. Des vins souvent très originaux aux arômes de poivre typiques de ce cépage étonnant. Une initiative qui à le mérite de positionner ces vignerons dans le Val de Loire tout en offrant un coup de projecteur gourmand sur leur territoire. Cette démarche de marque initiée par la ville de Vendôme n’a pas vocation à se substituer à l’AOC Coteaux-du-Vendômois. D’ailleurs ce réseau dépasse largement les frontières du monde viticole.

Notre photo : la collerette « Vendôme » (Photo Patrick CHATEAU)

Garder le bon cap sur l’oenotourisme !

Les onzièmes rencontres du réseau des caves touristiques du Val de Loire ont accueilli une centaine de participants au Sival, à Angers le 16 janvier, pour la remise des labels d’excellence aux vingt-sept caves récompensées pour leur qualité oenotouristique (il s’agissait d’une première pour huit d’entre elles).

« Après avoir enrichi les débats autour de la construction de l’offre en 2018, InterLoire a choisi cette année de faire le focus sur le développement commercial des prestations oenotouristiques », note l’interprofession. Sans oublier l’intervention de Didier Marceillac, professionnel du tourisme au cabinet SIFG : « L’oenotourisme est une activité en pleine croissance, qui doit se structurer en lien avec les vingt mesures publiées à l’issue des Assises nationales de l’oenotourisme. Le Val de Loire doit, notamment, développer la commercialisation de ses prestations oenotouristiques, qui représentent un enjeu majeur pour accroître les recettes des maisons et domaines, en référence à un nouveau métier pour les vignerons, le tourisme. »

 Plus d’un million de personnes ont visité les domaines viticoles de la Loire au cours de la saison 2018, ceci pour les 350 caves du réseau des caves touristiques, entre avril et septembre 2018, période qui représente 70% des visites annuelles. Le chiffre d’affaires estimé, sur cette période de six mois, se montant à 49 millions d’euros, pesant pour 65% du chiffre d’affaires de 2017 avec un panier individuel moyen de 90 euros.

Le mois de mai 2018 s’est révélé particulièrement fort en région Centre-Val de Loire (+ 20 000 visiteurs en Indre-et-Loire) quand le mois d’août a accusé une baisse en Pays de la Loire (-20 000 visiteurs en Maine-et-Loire).

Retenons enfin que les temps forts du plan d’action 2019 d’InterLoire en la matière, soutenu par les régions Centre-Val de Loire et Pays de la Loire, s’articuleront de la manière suivante :

 La diffusion en mars de 150 000 exemplaires de la carte des caves touristiques.

 Le lancement d’une animation sur le web pour créer du trafic vers les domaines, suivi d’un jeu dans les caves touristiques de mai à septembre.

 Les actions de promotion à l’étranger dans le cadre des campagnes d’Atout France entre avril et juin.

 L’événement Vignes Vins Randos en Val de Loire qui fêtera ses 16 ans les 31 août et 1er septembre et intègrera un nouveau parcours sur le territoire de l’AOP Saumur Puy-Notre-Dame.

Notre photo Le Vin Ligérien : Le vignoble d’Indre-et-Loire (ici, à Noizay) a connu une excellente fréquentation oenotouristique en 2018.

Le Salon des Vins de Loire d’Angers consacrera les performances ligériennes à l’export

« Les vins blancs du Val de Loire représentent le nouveau phénomène français sur le marché américain, le premier marché de vins au monde, avec des exportations qui, en dix ans, ont doublé en volume et triplé en valeur pour atteindre les 67 millions d’euros en 2018 ! » Des données qui émanent d’Interloire et qui traduisent une performance dont on ne peut que se réjouir.

Les responsables de l’interprofession indiquent même que, « sur les deux ans qui viennent », les vins ligériens connaîtront « la plus forte croissance de la demande sur le marché américain, avec un millésime 2018 d’exception, tant sur la qualité que sur les volumes. » D’autant plus intéressant que les Américains ne sont pas les seuls à s’intéresser aux vins de Loire. On pourra le vérifier, on l’espère, lors du prochain salon d’Angers, réservé aux professionnels français et étrangers, qui se déroulera les 4 et 5 février. Qui s’appuiera, bien entendu, sur ce millésime effectivement exceptionnel. Les vins que nous avons déjà eu l’occasion de goûter sont tout simplement incroyables, tant pour les blancs que pour les rouges.

Avec 342 exposants (+ 20 % par rapport à 2018 et + 50 % en regard de 2017), cette édition, expliquent les organisateurs, « se distingue par une mobilisation sans précédent des producteurs qui sont 297 à exposer cette année. » Avec, « parmi eux, 38 pour qui ce sera une première. » L’offre semble donc bien renouvelée, et il faut noter que près d’un tiers des producteurs présents sont certifiés bio, biodynamie, Terra Vitis, ou HVE (Haute Valeur Environnementale).

Les jeunes seront également très présents à Angers. Le Salon des Vins de Loire ayant créé, depuis 2015, un pôle dédié à cette nouvelle génération qui leur permet d’exposer collectivement en bénéficiant de conditions préférentielles. Ils seront ainsi une vingtaine cette année, contre quinze un an plus tôt.

Côté programmation, et au-delà d’un large éventail de dégustation des différentes appellations, l’édition 2019 mettra l’accent, le 5 février, sur l’œnotourisme. Quatre conférences se tiendront, par exemple, sur ce thème, avec, en point d’orgue, la remise des prix des premiers Bacchus de l’Oenotourisme, « visant à distinguer les innovations et/ ou les bonnes pratiques contribuant à la promotion de l’oenotourisme et au rayonnement de la destination Val de Loire. »

Rappelons que le Salon des Vins de Loire accueille 11% d’acheteurs internationaux pour 35 nationalités.

Notre photo : Un chenin, à Noizay (AOC Vouvray), le 10 septembre 2018.

Ensemble, c’est mieux !

InterLoire a réuni le premier Conseil professionnel de bassin, le 15 janvier au SIVAL d’Angers (le salon professionnel du matériel et des services pour la production végétale, y compris le vignoble, bien entendu). Il s’agit « d’un mode de gouvernance innovant et ambitieux pour porter le plan filière 2030, basé sur une collaboration renforcée avec les Chambres d’agriculture », explique le communiqué de presse. « Les mutations économiques, techniques, sociales et sociétales, traduites dans les quatre engagements des États Généraux de l’Alimentation (EGA) conduisent en effet la filière viticole à proposer une stratégie régionale à cet horizon. »

L’objectif est de valoriser des compétences complémentaires : « Une connaissance indispensable de l’amont de la filière et des entreprises pour les Chambres d’agriculture, celle des marchés pour l’interprofession. » Pour ce faire, la convention cadre, officialisant cette collaboration, a donc été signée au SIVAL, en présence de Jean-Marie Barrillère, président du CNIV (Comité National des Interprofessions des Vins) et Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vins de FranceAgriMer. « Cette convention est unique en France. Elle renforce notre collaboration avec InterLoire afin d’être mieux armé pour répondre aux enjeux telle que l’adaptation aux changements climatiques et à la transition écologique », ont précisé François Beaupère, président délégué de la Chambre régionale des Pays-de-la-Loire et Dominique Girault, représentant le président de la Chambre régionale du Centre-Val de Loire.

Le Conseil professionnel de bassin approfondira le traitement des sujets du vignoble « pour un pilotage de la stratégie sur les grands enjeux » et sera l’interlocuteur du Conseil de bassin, réunissant les représentants des administrations, sous la présidence du Préfet coordinateur.

Lors de ce premier Conseil Professionnel de bassin, quatre groupes de travail ont été définis sur la base des quatre engagements des Etats Généraux de l’Alimentation. L’objectif est de faire une restitution du plan 2030 au Conseil de bassin de juin 2019.

Pour Jean-Martin Dutour, président d’InterLoire, « les travaux conduits démontrent la place centrale du vignoble du Val de Loire dans mille ans d’histoire du vin. Je suis convaincu que ce rapprochement des compétences permettra à la filière d’être plus efficace pour porter l’ambition du Val de Loire et démontrer sa capacité, compte tenu de ses atouts, à continuer d’occuper une place majeure au sein de la viticulture française. »

A suivre, comme on dit.

Notre photo : Vue du Chinonais (Photo Le Vin Ligérien)

Vouvray : la bouteille et la plume à Paris

Les vignerons de l’appellation Vouvray se sont retrouvés tout récemment à Paris dans ce bel endroit qu’est Le Chai, qui a ouvert ses portes en septembre dernier. Une cave et un bistrot où l’on se laisse volontiers glisser dans l’univers du vin.

C’est ici, donc, que Jean-Michel Pieaux, le Président du Syndicat vouvrillon, et ses amis vignerons de l’AOC, sont venus présenter aux journalistes et sommeliers parisiens plusieurs de leurs productions récentes… et moins récentes. Le propos étant de faire déguster toute la palette des types de vins que l’on peut élaborer à partir du chenin, leur cépage emblématique. L’occasion également de montrer que les aubuis (argilo-calcaires) et les perruches (argiles et silex) de leurs terroirs permettent de faire des vins bien différents les uns des autres.

Sur ces trois mille hectares concernant les huit communes (1) de ce vignoble périurbain, les vignerons s’efforcent de répondre aux attentes des marchés, de plus en plus demandeurs en vins secs et où le chenin commence à trouver toute sa place, qu’il s’agisse des marchés nationaux ou internationaux, à côté des sauvignons et des chardonnays.

Si les fines bulles représentent habituellement les deux tiers de la production annuelle de l’appellation, cette part devrait se rétracter quelque peu avec le millésime 2018 dont la richesse convient mieux aux vins tranquilles.

Mais cette journée était aussi l’occasion de présenter notre numéro spécial sur l’appellation Vouvray, qui vient de sortir et qui est disponible en kiosques (9,50 €) ou sur commande. Un numéro de cent pages qui présente l’appellation sous sa forme culturelle et patrimoniale, mais aussi au travers de son histoire, de ses paysages, de ses espaces troglodytiques et, surtout, de ses femmes et de ses hommes qui s’attachent chaque jour à tirer le meilleur parti de leurs territoires.

  • Vouvray, Rochecorbon, Vernou-sur-Brenne, Parçay-Meslay, Noizay, Tours, Reugny et Chançay.
  • Notre photo : Le vignoble à Noizay, depuis le lieudit La Grosse Pierre.

Le modernisme de Bouvet-Ladubay

Patrice Monmousseau, le « big chief » de Bouvet-Ladubay, nous avait dit : « Vous avez vu notre siège à Saint-Florent, le centre d’art contemporain, le théâtre et évidemment les caves. Mais il vous manque une pierre à l’édifice, la plus importante, notre unité de production ! »

Va donc pour la dernière pièce du puzzle ! Dans la zone commerciale de Saumur, à Distré, avec de l’autre côté de la route, des vignes, qui font tapisserie. Sur 1,4 hectare, le bâtiment est à la fois imposant et discret. L’entrée doit plaire aux VIP et aux gros clients. Une allée avec quelques palmiers, une entrée romaine très Las Vegas… La seule fantaisie que se permet cette unité de production à la fois classique et ultra-moderne.

Bouvet-Ladubay avait besoin de s’agrandir… pour grandir. La maison tournant à 3,5 millions de bouteilles en 2008 quand l’unité est portée sur les fonts baptismaux. Dix ans plus tard, Bouvet-Ladubay pèse 6 600 000 bouteilles. Si c’est pas une réussite…

Après avoir enfilé la blouse blanche des visiteurs pour se mettre aux normes, la cuverie avec ses beaux trésors en inox, écrins qui abritent des dizaines et des dizaines de milliers d’hectolitres, est une belle première étape…

C’est là que l’assemblage naît, diligenté par Patrice Monmousseau qui a gardé la main et le palais sûrs. Avec l’aide de techniciens cocoonants, le liquide prend un coup de froid nécessaire (moins 4,2 degrés maximum). Refroidissement exigé pour les épisodes sucres et levures… Dans un cadre d’une propreté exemplaire. « Lors de l’installation », raconte Patrice Monmousseau, » une cuve s’est brisée. Il a fallu défaire la toiture pour la sortir et en installer une autre. Sacré chantier ! » Anecdote qui embellit l’histoire d’une unité construite et opérationnelle en six petits mois.

L’intervention de Robocop

On est passé ensuite à l’embouteillage. Attention, rien à voir avec la chienlit due aux voitures aux heures de pointe ! Là, les bouteilles sont soigneusement alignées. Et ça défile comme les militaires lors du 14 juillet ! C’est là qu’intervient Robocop 1. Le surnom qu’on lui a donné… Il met les bouteilles en caisse… Plus loin, beaucoup plus loin, Robocop 2 interviendra pour ressortir les bouteilles des caisses avant de se retrouver cul par-dessus tête. Mais on va trop vite… Le plus étonnant est que seulement une vingtaine de personnes travaillent dans cette unité de production qui sort à vue de nez 5 000 bouteilles à l’heure et 35 000 à la journée.

Difficile de ne pas être épaté par cette foultitude de métamorphoses dignes de la baguette de Harry Potter. Tout va vite…. Une autre machine qui congèle le goulot, puis le glaçon est bloqué, comme la goutte au nez… Puis, ça décapsule, puis le glaçon s’en va, puis le bouchon en liège aggloméré se prend 500 kg de pression pour entrer dans la bouteille. Puis, il y a le muselage, l’habillage du goulot, puis l’étiquetage… Gain de temps et d’énergie pour une chaîne de compétences. L’employé a troqué ses gros petits bras pour sa matière grise…

Patrice Monmousseau et sa fille Juliette (son bras droit et aussi son bras gauche) ont bon goût : les étiquettes sont classieuses. Comme d’ailleurs les cartons, repos des flacons. Tout est dans le détail qui fait la différence… C’est tout bête mais on a été scotché par une petite machine qui compte les bouteilles depuis 2008. On a 62 balais et on avait 13 ans quand Armstrong est allé sur la lune… Malgré ça, on a gardé l’enthousiasme juvénile.

Donc, quand notre regard d’enfant s’est posé sur la machine, la 56 865 901ème bouteille est passée devant nos yeux… Puis, 902ème, puis 903ème, puis… On a arrêté de compte, dépassé par le rythme…

Dans la salle au silence monacal dédiée aux cartons de bouteilles prêts à l’envoi, on a lu quelques destinations qui procurent l’âme d’un globe-trotter : Lettonie, Jersey, Belgique, Autriche, Pays-Bas, Allemagne, mais aussi Doué-la-Fontaine, Saint-Aignan, etc… 45 pays à l’exportation plus la France…

20 personnes seulement pour tout ça, 50 pour toute l’entreprise pour 6 600 000 bouteilles vendues. Vertigineux… Quand les gros clients et les VIP viennent à Saint-Hilaire-Saint-Florent, Patrice Monmousseau a le sens de l’hospitalité. Quand il fait beau, un bateau les prend à Saumur, sur la Loire, pour un débarquement quelques kilomètres plus loin au restaurant à « La Route du sel », au Thoureil, tenue par Marie Monmousseau, la fille de Patrice.

La Loire est à vos pieds, elle joue avec les bancs de sable mordorés, la lumière inonde le tuffeau, l’église veille, l’éternité n’est pas loin.

Et l’idéal pour coincer la bulle…

Jean-Eric ZABRODSKY

Notre photo : L’unité de production Bouvet-Ladubay à Distré (Document remis)

Le Salon des Vins de Loire a le moral !

« Le Salon des Vins de Loire, qui aura lieu les 4 et 5 février 2019, au Parc des Expositions d’Angers, conforte une nouvelle fois son positionnement de place de marché reconnue pour sa mise en lumière des viticulteurs de Loire. » C’est ce qu’expliquent les organisateurs de ce rendez-vous annuel qui existent depuis plus de trente ans maintenant, malgré la concurrence qui s’est installée, ici et là, depuis lors. Une récompense en regard des efforts accomplis qui témoigne de l’écoute apportée aux remarques de ces dernières années de la part des exposants. « Depuis deux ans maintenant, le Salon des Vins de Loire fait évoluer son contenu (scénographie, digitalisation, oenotourisme…) pour apporter à son écosystème le meilleur de la Loire sur ce territoire riche en diversité. »

Plateforme de découverte du nouveau millésime de dégustations et de rencontres professionnelles, le Salon des Vins de Loire atteindra ainsi le chiffre de 330 exposants en 2019, « soit une augmentation de 15% par rapport à 2018. »

Une augmentation que l’on peut également mettre en corrélation avec les conditions exceptionnelles du millésime 2018 dont il est acquis qu’il sera, et à plus d’un titre, exceptionnel. « Sur l’ensemble du vignoble, les récoltes s’avèrent très bonnes, tant qualitativement que quantitativement », confirme-t-on à Angers. « Qu’il s’agisse des exposants habitués qui reviennent chaque année au Salon, de viticulteurs néophytes qui, pour la première fois, viennent exposer ou encore de viticulteurs emblématiques qui font leur grand retour, l’événement reste centré sur l’Expérience cœur de Loire en mettant en avant les multiples facettes du vignoble et de sa production, ainsi que la diversité des modes de consommation. »

Ces journées professionnelles seront balisées par des masterClass, un espace de libre dégustation mais aussi des espaces dédiés aux start-up, aux cidres, bières et spiritueux artisanaux. A noter une nouveauté : le concours des « Bacchus de l’Oenotourisme » qui viendra consacrer les meilleurs projets oenotouristiques pendant le Salon des Vins de Loire.

Quant aux salons « off » et à la programmation Food’Angersvins et gastronomie, ils seront de nouveau au menu de ces deux journées de rencontres.