Chez Bruno à Amboise pour le gamay primeur

Si l’appellation Touraine a choisi de bouder l’annuel primeur dont elle estime qu’il n’est pas représentatif sur le plan qualitatif, les amoureux du vin et de la convivialité, eux, continuent à le plébisciter très essentiellement pour les vertus conviviales qu’il recouvre avec ses allures de gamay gamin, pas toujours très assuré mais dont la couleur allumeuse et les fruits gourmands en font chaque année un rendez-vous incontournable autour d’une « charcutaille ». Et grâce soit rendue à Henry Marionnet (voir notre dossier dans le numéro 27 du Vin Ligérien actuellement en kiosques) de l’avoir inventé au milieu des années 70. Lequel Henry vous rappellerait que le primeur est le vin le plus difficile à faire. Et comme c’est un grand vigneron, membre de l’Académie des Vins de France, on peut le croire.

Bref, il reste tout de même quelques vignerons à croire que rigoler autour d’un verre vaut bien qu’on s’arrête une heure ou deux. Ceux-là se sont, par exemple, retrouvés à Amboise, au restaurant Chez Bruno, « presque étonnés de se voir aussi nombreux ici, au restaurant de Frédéric et Louisa Plou », m’a dit mon confrère Patrick Chateau qui participait à ce déjeuner mijoté avec l’appui de l’Union des Œnologues du Val de Loire. Un peu comme celles et ceux qui se sont donné rendez-vous le même jour à Tours (c’est-à-dire mardi 13 novembre), à la Vinothèque d’Olivier Dubois, pour fêter ce gamay frondeur. « Des professionnels, venus d’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher voisin ravis d’avoir de nouveau l’occasion d’affirmer que leurs primeurs s’inscrivent honorablement au cœur de leur région. Vive le cépage 100 % gamay, vendangé à la main ! », m’a carrément soufflé Patrick Château. Comment mieux dire ?…

Jean-Claude BONNAUD

 

 

Le Touraine primeur est toujours vivant !

On a connu de pires missions ! Perpétuer la tradition, entretenir la nostalgie et mettre en lumière le Touraine nouveau en ce novembre… printanier. Pour rappel, la profession viticole a décidé de tirer un trait sur les opérations de promotion des vins nouveaux d’appellation Touraine. Du coup, le sang de Guillaume Lapaque, gérant de la Cave de la Dive Bouteille à Bourgueil, ne fit qu’un tour (voire deux…). Il allait organiser un concours pour cette édition 2018…

A qui voulait l’entendre, Guillaume le Conquérant développa son credo en ce mardi 13 novembre à Tours : « Depuis les années 70, la Touraine fête son vin primeur. Eh bien, avant, on « martinait le vin », c’est-à-dire qu’on goûtait le vin au moment de la fête de Saint-Martin. Nous nous sommes réunis pour dire ensemble notre triple amour du Touraine Primeur :

– nous aimons cette sympathique occasion de découvrir la juvénile expression du nouveau millésime,

– nous aimons cette sympathique occasion de faire la fête,

– nous aimons que soit mis en lumière le travail des vignerons de l’AOC Touraine ! »

En conséquence de quoi, le concours off 2018 prit pour théâtre d’opérations la belle Vinothèque de Tours, chère à Olivier Dubois. Entouré de tant de flacons, munitions pour le plaisir des papilles, le jury ne pouvait être qu’inspiré par les bouteilles « concourables » …

Pour l’anecdote, la troupe perdit en route le général en chef Périco Légasse, coincé du côté de Montparnasse. Qu’à cela ne tienne, la soldatesque tint son rang et eut la langue bien pendue et affinée. Et le jugement sans faille. Elle délivra deux médailles d’or et une d’argent. Le Touraine primeur démontrait ainsi qu’il était bel et bien vivant et qu’il n’avait aucune envie d’être enterré.

Jean-Eric ZABRODSKY

Les lauréats :

– 2 médailles d’or à Henry Marionnet, Domaine de la Charmoise à Soings-en-Sologne (41) et à Gabrièle et Regis Dansault, Domaine de l’Ouche Gaillard à Montlouis-sur-Loire (37)

– 1 médaille d’argent à Cédric et Marina Chollet, Domaine De Rabelais Chollet à Onzain (41)

Le jury : Mauro Cuzzoni, conseiller municipal de Tours, délégué en charge du commerce, Isabelle Bachelard, journaliste vinicole, Olivier Dubois, hôte du jour, cave de La Vinothèque de Tours, David Fontaine, vice-président des Sommeliers du Val de Loire, Jean-Luc Pechinot, journaliste, Olivier Collet, journaliste à Info-tours.fr, 37 degrés, Chérie FM Val de Loire, Jean-eric Zabrodsky, ancien journaliste sportif à la NR, journaliste au Vin Ligérien, Matthieu Reynaert, patron de l’Oxford Pub à Tours, Thierry Nérisson, sommelier, responsable de l’école hôtelière Notre-Dame la Riche, Guillaume Lapaque, gérant de la Cave de la Dive Bouteille à Bourgueil.

 

 

Miss Vignoble Touraine : 17ème du nom !

Ravi, content, étonné par la 17ème édition de Miss Vignoble Touraine qui a pris corps et volume salle Nuceria-Facile à Noyers-sur-Cher dans un samedi de novembre venteux à décorner un bœuf…

J’y suis allé à reculons. Ou du moins avec préjugés. Faut avouer (est à demi pardonnée…) que la première et la seule fois où j’ai assisté à un concours de miss il y a plus de 50 ans, sur la côte sauvage royanaise, je m’étais noyé dans la beaufitude… Faut dire que c’était Miss Camping… Pouët… Pouët… Sans bouée de sauvetage…

Les temps ont changé… Sacrément…

Clothilde Massari, présidente de l’organisation (et accessoirement patronne de TV Tours) et son équipe de bénévoles ont mis les petits plats dans les grands à Noyers-sur-Cher. Et dans l’écran puisque le président du jury était le volubile Périco Légasse, et la marraine, Natacha Polony.

Déjà, c’était l’épatement (ou l’épatation, pas sûr que cela soit français) de voir une petite commune comme Noyers disposer d’une salle privée aussi magnifique… Un cadre « parisien » pour spectacle cabaret tout aussi parisien, aux racines bordelaises (music-hall installé aux portes de la cité girondine).

Chanteuse à la voix puissante, danseuses à la jambe alerte, comique à l’esprit déjanté et présentateur, Pathy Pad, très magicien… De quoi passer les plats et mettre en valeur les dix candidates piaffant d’impatience. Et de trac ! Mais malgré cette peur bleue, elles avaient des choses à dire et les ont bien dites. Pas des potiches… Non, toutes prêtes pour être Miss Vignoble. Loin des miss de mon adolescence du camping aux essences machistes et misogynes… Honte heureusement effacée et bue grâce à cette 17ème édition de Miss Vignoble Touraine d’un autre standing !

Samedi soir, je pense avoir eu bon goût et l’œil exercé puisque j’ai imaginé le podium … dans le désordre. Aude Girault, la tourangelle, est devenue la reine d’un an : une décontraction communicative et assurément du caractère. La première dauphine, la Jocondienne Elise Villeneuve, et la deuxième dauphine, la Chinonaise Honorine Pain (oui, de la famille des vignerons) avaient, d’un côté, la prestance élégante et, de l’autre, le verbe viticole et une énergie à revendre.

Mais mon admiration s’est vraiment partagée, et équitablement, pour les dix candidates, femmes de chair et de tête. Monter sur scène, se montrer, défiler, s’exprimer, sourire toujours : sacrée expérience !

Chapeau ! Et santé !

Jean-Eric ZABRODSKY

Les vins bio ligériens ont la cote !

Dans un communiqué d’Interloire, on apprend que « sur le circuit des cavistes de Paris et de sa banlieue, un vin biologique sur sept est aujourd’hui un vin ligérien. » Ceci, selon une étude XJ Analyses Décisions–CNIV*. « Avec 14,5 % des références, le vignoble du Val de Loire fait ainsi figure de leader du rayon bio, devant les appellations de la Vallée du Rhône et du Languedoc », indique encore le communiqué.

 On peut notamment observer les très beaux scores des blancs ligériens « qui dominent largement la concurrence avec 21 % des référencements bio dans la couleur, devant l’Alsace. » Quant aux rouges de Loire, ils pèsent pour 12 % des parts de marché sur le rayon bio, ce qui les classe en troisième position derrière le Rhône et le Languedoc.

 Tous types de vin confondus, bio ou conventionnels, « les vins AOP du Val de Loire sont présents chez 99 % des cavistes relevés. » Ils représentent 9,2 % de l’offre des cavistes franciliens. « Leur part d’offre est équivalente à celle de la Champagne et de la Vallée du Rhône, derrière la Bourgogne et Bordeaux. Au niveau des couleurs, les blancs se distinguent puisque la région se classe deuxième derrière la Bourgogne, avec 16 % de l’offre. Un vin référencé sur cinq est un sancerre ou un touraine. »

Cette étude ne fait en fait que confirmer la tendance que nous remarquons, nous, auprès de nos interlocuteurs lorsque Le Vin Ligérien, notre magazine, est en salon. Il n’en demeure pas moins que le Val de Loire, notamment la Touraine, a encore de gros progrès à faire sur le plan collectif pour se faire entendre. Quant à la performance du Sancerrois, elle n’est pas étonnante. Cela fait en effet plusieurs décennies que ses vignerons sont partis à la conquête des marchés, en ordre serré et collectivement, justement. Un modèle, sans aucun doute.

J.-C.B.

*Après un relevé d’offres de 116 caves et de 41 340 références, de fin août à fin novembre 2017. « Mais cette offre est probablement sous-estimée », avance-t-on du côté d’Interloire, « du fait que le logo AB est parfois affiché sur la contre-étiquette et que, sauf exception, les bouteilles n’ont pas été manipulées pour y lire le dos. »

Notre photo : un sauvignon à la fin mai du côté de Quincy.

100 pages spéciales sur l’AOC Vouvray !

Le vignoble de Vouvray recouvre une longue histoire. Celle d’un terroir où les hommes et les femmes qui se sont succédé depuis saint Martin, au IVe siècle, n’ont pas lésiné sur la sueur pour lui donner la coloration qu’on lui connaît aujourd’hui. Celle d’un vignoble qui compte dans le paysage ligérien et qui veut s’ouvrir un avenir aux horizons sereins.

Pour cela, il faut bien entendu continuer à travailler pour convaincre les marchés que le chenin d’ici bénéficie d’une traduction de haut niveau sur des terroirs où le tuffeau est au Vouvrillon ce que la tradition est à notre histoire. C’est-à-dire un socle sur lequel s’appuient les vignes de l’appellation dont huit communes seulement tracent les contours. Citons-les puisqu’elles ne sont pas nombreuses. En commençant par la ville de Tours, propriétaire du Clos de Rougemont, juste au-dessus de l’Abbaye de Marmoutier, ce clos emblématique qui a ouvert les premiers sillons du vignoble. Viennent ensuite, Rochecorbon, Parçay-Meslay, Vouvray, Vernou, Noizay, Chançay et Reugny. Autant de perles posées sur les bords de Loire.

Les vignes de chenin se plaisent sur ces terres qui souffrent, de temps à autre, de l’appétit immobilier mais dont chacun doit se convaincre qu’elles font partie intégrante de notre culture commune. Des paysages que l’UNESCO a inscrits sur la liste du patrimoine de l’Humanité. Il faut le rappeler, s’en souvenir et tout faire pour préserver ces couronnes de raisins, ces habitations et caves troglodytiques, ces coteaux et plateaux, ces vallées où les vignerons continuent de s’affairer pour mettre en lumière leurs productions.

C’est dans ce cadre d’une mise en exergue des territoires que nous publions ce numéro spécial consacré à l’appellation Vouvray. Vous y retrouverez son histoire et ses parfums, la vie, plus simplement, de tout un secteur qui serait bien nu sans l’activité vinicole qui participe pleinement à la sauvegarde, on ne le dit pas assez, de l’économie de cet ouest tourangeau. Etant entendu que les touristes aiment à flâner dans ces espaces de liberté, de la vigne à la cave, que nous envie le monde entier, n’ayons pas peur des mots ! Les cérémonies d’intronisation des deux confréries locales en disent d’ailleurs long sur l’intérêt porté à ces terroirs. Des milliers de personnes y ont participé et des milliers encore y viendront. Preuve que le monde du vin tisse aussi du lien social et que le diable est à chercher ailleurs…

Bonne lecture et bonne balade dans ce vignoble voué aux vins blancs de chenin. Des fines bulles aux plus grands moelleux, vous y trouverez forcément votre bonheur.

Jean-Claude BONNAUD

Disponible en magasins de presse à compter de cette semaine : 9,50 €. Prix spécial pour les abonnés du Vin Ligérien : 8 € (frais de port offerts).

Chinon et côt à l’assaut des marchés

Le côt amboisien séduit le sommelier de Riga

L’œil, et surtout le palais, d’un meilleur sommelier d’Europe 2017 sont à prendre au sérieux. Telle était bien l’intention des vignerons et vigneronnes de l’AOC Touraine qui avaient invité Raimonds Tomsons (ici avec Xavier Frissant, président du syndicat des vins d’Amboise) à donner son avis sur les côts, et particulièrement ceux du Touraine Amboise. Une opération menée conjointement avec l’appellation Cahors où le presque quadra letton s’étaient précédemment penché sur les malbecs. Une opération gagnant-gagnant pour les deux partenaires : agréablement surpris « par la fraîcheur et la qualité du côt » le sommelier – et manager du restaurant Martins Ritins de Riga – a ainsi été confronté à de nouvelles sensations en vue de sa préparation aux championnats du monde de 2019. La future AOC Amboise espère y gagner en visibilité grâce au réseau de ce dernier.

La renaissance du Château de la Grille

La récente présentation du Château de la Grille dans ses nouveaux atours aurait presque fait oublier les 100 000 bouteilles de chinon produites ici chaque année sur ces 30 ha de vignes. Après son rachat en 2009 par Christophe Baudry et Jean-Martin Dutour, et deux ans de travaux récemment achevés, le résultat est à la hauteur de la renaissance espérée. Pour une heure, une demi-journée ou davantage, cet édifice du plus pur style troubadour est désormais en mesure d’accueillir jusqu’à 300 personnes dans les meilleures conditions.

 

Le bonheur du millésime 2018

 Le bonheur, oui, est là dans les vignes pour cette année plus que prometteuse. Elle sera sans doute même immense dans tout le Val de Loire.

Après un printemps pourri, l’été 2018 nous a offert la chaleur de tous ses feux avec une prolongation que l’on a encore ressentie jusqu’à ce mois d’octobre. Les températures se sont quotidiennement révélées supérieures aux valeurs saisonnières. Autrement dit : une année bénie des dieux, si l’on excepte quelques attaques de mildiou ici ou là, pour ce millésime hors du commun.
Les raisins sont magnifiques, les jus, les quantités sont là et les vignerons sont satisfaits. Et l’on sait ce que vaut cette parole de paysan lorsqu’elle affirme que tout va bien… C’est que, vraiment, le doute n’est pas permis et que ce millésime sera un millésime d’anthologie, n’ayons pas peur des mots ! En vertu de quoi, 2018 restera dans les annales vinicoles. Ce que l’on confirme d’ailleurs du côté de l’interprofession, Interloire : « L’estimation des volumes pour les AOC et IGP du Val de Loire grimpe à 2, 9 millions hectolitres (de l’Atlantique au Centre-Loire), contre 2,2 millions en 2017 ; un retour à des volumes normaux après une succession de petites récoltes. » Quant aux vendanges, elles ont été aussi précoces qu’en 2017 et, surtout, se sont passées dans des conditions optimales, depuis la fin août (pour ce qui est des premiers coups de sécateurs en Pays Nantais). Jean-Martin Dutour, Président d’InterLoire, le souligne : « Ces conditions de récolte parfaites en septembre et octobre ont permis de gérer les vendanges dans la plus grande sérénité. Nous sommes sur un millésime exceptionnel, du jamais vu de mémoire de vigneron, riche en qualité et généreux en quantité. Une grande année pour le Val de Loire qui va nous permettre de répondre aux attentes des marchés. »

Du côté du BIVC, le Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre-Loire, son Directeur, Benoît Roumet, souligne surtout le côté « exceptionnel » de ce millésime. « Pour l’instant, ça fermente gentiment dans les caves, tant en blanc qu’en rouge. Mais c’est vrai que nous sommes très agréablement surpris de voir, pour ce que j’ai pu goûter, que beaucoup de sauvignons ont conservé une vraie fraîcheur, alors qu’avec l’été que l’on a connu, on pouvait craindre qu’il en soit autrement. Les équilibres sont donc respectés. Mais nous nous ferons une meilleure idée dans deux ou trois mois. » Quant aux pinots noirs du Centre-Loire, « ils sont superbes avec beaucoup de couleur et cependant des degrés plus élevés qu’à l’habitude, évidemment, vu la météo que nous avons eue cet été. Mais comme c’est une conséquence naturelle, les équilibres devraient, là aussi, être préservés. C’est un millésime passionnant par son côté unique à ce jour – parce qu’on n’a vraiment jamais connu cela –, qui va nous permettre d’apprendre beaucoup de choses. »
Sur un plan général, on peut dire que du côté des vins blancs, les chenins devraient produire des moelleux immenses dont le temps sera forcément un allié dans les caves ; les sauvignons des coteaux sancerrois – on attend avec gourmandise de goûter ceux des coteaux de Chavignol ! – et des autres appellations qui l’entourent pourraient montrer que ces terroirs-là ont la capacité de rivaliser avec les plus grands vins du monde. Quant aux melons de Bourgogne du Pays nantais, les muscadets des crus communaux, notamment, seront époustouflants ! Peut-être même n’auront-ils jamais été aussi beaux !
Du côté des rouges, les cabernets francs, les pinots noirs (nous venons de les évoquer), les gamays, les côts, les grolleaux, les pineaux d’aunis proposeront des vins où l’on devinera la parfaite maturité des baies qui auront permis de les élaborer, les nuits ayant, par ailleurs, gardé suffisamment de fraîcheur pour conserver aux raisins le « peps » nécessaire à l’équilibre des vins.
Après plusieurs années, où la météo a joué bien des tours à la vigne, entre grêle, gel et pluies outrancières, voilà donc un pur bonheur.
Pas la même chose qu’en 2003


Mais 2018 ne nous intéresse pas seulement par sa qualité intrinsèque. Il nous intéresse aussi parce que l’on goûtera pour la première fois un tel millésime, comme le souligne plus haut dans cet article Benoît Roumet ! Car il ne sera pas une copie conforme de 1976, 89, 90, 2003, la fameuse année de la canicule, ou 2005. Non, l’été que nous avons connu fut tout à fait singulier par sa durée constante, sans que la canicule ne frappe particulièrement. Ce millésime préfigure peut-être ainsi ce que seront ses successeurs, eu égard au changement climatique dont nous faisons tous le constat et dont le groupe d’experts internationaux, réunis dans le GIEC, a encore rappelé les conséquences actuelles et futures dans son rapport intermédiaire publié le 8 octobre dernier.
Nous pouvons donc légitimement être impatients de prêter notre palais au doux jeu de la dégustation de ce millésime que la mémoire collective placera sans aucun doute bientôt aux côtés des mythiques millésimes d’après-guerre, en particulier 1947 et 1959. J’exagère ? Peut-être un peu, et qui sait si je ne me laisse pas emporter par mon enthousiasme… Mais il y a tout de même de cela, dans notre impatience à tremper nos lèvres dans les bouteilles étiquetées de cette année où, à la pluie, a succédé le beau temps, c’est le cas de le dire.
Reste que la météo devra cependant se calmer pour continuer à nous offrir des vins digestes où l’alcool ne monte pas en flèche. Les levures font ce qu’elles peuvent mais elles n’ont pas la faculté de digérer des sucres en veux-en voilà… L’interrogation est là. Et elle vaut d’ailleurs essentiellement pour les vins du sud de la France. Pourra-t-on encore boire des châteauneuf-du-pape dans quinze ans ? De frais pinots de la Côte de Nuits, en Bourgogne, c’est un cépage si délicat… Mystère et boules de gomme.

Jean-Claude BONNAUD

Notre photo d’ouverture : Le vignoble du plateau de Quincy (Photo LE VIN LIGERIEN)

Le Vin Ligérien n°27 vient de sortir

Voici le sommaire de ce numéro :

Ce n’est pas le cépage qui vient immédiatement à la bouche lorsqu’on parle de jolis vins. Et pourtant, le gamay dans ses déclinaisons diverses a un atout incomparable : la gourmandise. Un mot que l’on oublie trop souvent aujourd’hui dans notre société où l’on nous conseille de manger du bout des lèvres et de déguster un vin plutôt que de le boire.

Nos visites dans les caves : Pascal Joulin (Maimbray, Sancerre), Bertjan Mol (), Philippe Carli (Bléré, Touraine et Touraine-Chenonceaux), Christophe Godet (Oisly, Touraine-Oisly), Nicolas Brunet (Vouvray), Vincent et Pierre Badiller (Cheillé, Touraine-Azay-le-Rideau), Sandrine Deschamps (Benais, Bourgueil), Ivan Massonnat et Jo Pithon (Saint-Lambert-du-Lattay, Anjou), Adrien de Mello (Saint-Aubin-de-Luigné, Anjou), Romain Petiteau (, Muscadet).

Les Coteaux du Giennois ont vingt ans… Enfin… pour ce qui est de leur label AOC. Mais leur histoire est bien plus longue. Regard sur ce vignoble qui ne demande qu’à être aimé.

Il faut célébrer les millésimes de la paix. Ils ont ponctué les événements dramatiques que sont tous les conflits qui envoient le monde se faire faucher ses enfants. La joie après les terreurs. C’est le propos de ce dossier également climatique et gustatif. Notamment au travers du Chinonais.

Notre interview avec Hugues Auffray, un chanteur populaire dont le nom résonne dans toutes les oreilles et de toutes les générations.

Notre carnet de route vous emmène dans une balade au sein des vignobles du sud de la Loire, sur cette ligne qui passe du côté de la Nouvelle Aquitaine, où l’on produit pourtant des vins ligériens.

Notre dossier sur la Renaissance vous emmène ce trimestre du côté de Chambord, Chaumont, Tours et Vernou-sur-Brenne.

Notre rubrique gastronomique. Avec ses mochis, Mathilda Motte convertit la Touraine et la France à la pâtisserie japonaise.

Prix facial : 8 € dans les magasins de presse ou sur commande auprès de : jean-claude.bonnaud@levinligerien.fr

Focus sur l’avenir de la vigne à Tours le 15 septembre

Rendez-vous pour ce focus sur l’avenir de la vigne à la Villa Rabelais, à Tours, le 15 septembre.

Rencontre professionnelle le 15 septembre, à la Villa Rabelais, à Tours (116 Boulevard Béranger) . Cette journée, organisée par Touraine Terre d’Histoire et l’association Le Petit Monde, avec le soutien de l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation (IEHCA) et dont notre magazine Le Vin Ligérien est partenaire, s’intéressera à l’avenir des vignobles sous différents angles. On peut encore s’y inscrire, n’hésitez pas!

Voici le programme de cette journée :

9h15-9h30 : Discours d’ouverture, par Emilie Boillot, fondatrice de Touraine Terre d’Histoire.

9h30 – 10h30 : Le Patrimoine viticole de Touraine d’hier et de demain, par Nicolas Raduget, Docteur en Histoire de l’Université de Tours.

10h30 – 11h15 : Un conservatoire d’espèces anciennes du Bourgueillois, par Christophe Deschamps, vigneron à Benais.

11h15 – 12h15 : Favoriser la biodiversité au sein des vignes, par Cécile Otto-Bruc du Conservatoire d’espaces naturels Centre – Val de Loire & Clément Coroller du CPIE Touraine – Val de Loire

12h15 – 12h30 : Signature d’auteur Jean-Claude Bonnaud, écrivain-journaliste (Le Vin Ligérien).

13h30 – 14h15 : Les cépages anciens et régionaux, un gage d’avenir ? Par Cécile Macé, Union des Ressources Génétiques du Centre.

14h15 – 14h30 : Le potentiel commercial des cépages rares, par François Bonhomme, La Bourriche tourangelle.

14h30 – 15h15 : L’Histoire fait vendre ! Par Jean-Claude Bonnaud, journaliste-écrivain (Le Vin Ligérien).

15h30 – 16h15 : L’œnotourisme et ses enjeux, par Tristan Loloum, Ingénieur coordinateur du Chantier Vigne & Vin, ARD Intelligence des Patrimoines.

16h15 – 17h00 :

Actualité de la recherche sur les cépages résistants, par Etienne Goulet, directeur Pôle Val de Loire-Centre, Institut Français de la Vigne et du Vin.

17h00 – 17h30 : Levure historique et bulles d’avenir par Cécile Thomas (domaine Escher & Thomas).

Venez déjeuner sur l’herbe avec les vins de Saumur et l’Abbaye de Fontevraud

Tous les ans, et franchement, la semaine de Festivini nous réjouit parce qu’elle est tout entière consacrée au vin et à la culture, organisée par la Fédération des vins de Saumur.

Dimanche, cette manifestation innovera, en partenariat avec l’Abbaye de Fontevraud, en vous proposant une « garden party » ou, plus exactement, un déjeuner sur l’herbe à la Renoir. Les sept appellations des vins de Saumur seront à l’honneur au cours de cette journée du 9 septembre à ne pas manquer.

Le propos consiste en une déambulation dans les jardins de l’abbaye, votre panier de pique-nique sous le bras et votre verre en main, puisque vous pourrez goûter les vins des sept appellations saumuroises si vous le souhaitez (des jus sont également prévus). L’ensemble vous étant fourni avec l’achat de votre billet. La musique sera également présente à ce rendez-vous dont la convivialité et l’esprit de partage seront les chefs d’orchestre. Pour vous mettre en appétit, voici ci-dessous le programme :

11h30 – 14h00 : Apéritif Fines Bulles, avec musique d’ambiance electro lounge proposée par Cosmiq Tapas.

14h00 – 16h00 : Pique-nique.

De 14 à 17 heures : Concert de musique tzigane par le groupeGuidemSalak.

17h00 – 18h00 : Bulles producteurs & vignerons

Pour clôturer notre Garden Party,le Scratchophone Orchestra vous proposera de danser face au chevet sur un rythme electro swing !

Une Navette Saumur- Fontevraud est disponible pour la Garden Party de ce dimanche 9 Septembre (11h30- 18h) Places limitées pour la Navette !! Réservez sur : https://goo.gl/forms/htWdAZQBo9zObrlu2

Pour réserver vos places : voir le site de l’abbaye de Fontevraud.