Pas transposables, les terroirs !

La vingt-quatrième session plénière de l’Assemblée des Régions Européennes Viticoles (A.R.E.V.) s’est tenue le 27 mai à Lednice, en Moravie du Sud (République Tchèque). Actuel président de l’assemblée, Sergio Chiamparino (Piémont), a été réélu à l’unanimité pour les deux années à venir.

Dans un communiqué de presse, l’A.R.E.V. indique notamment son « attachement aux valeurs de solidarité, de culture commune et de sauvegarde des fondamentaux comme le système européen des appellations d’origine et des indications géographiques qui garantit depuis des décennies qualité et sécurité pour les consommateurs. » Sans oublier de souligner l’importance « des mentions traditionnelles européennes dans les négociations sur les accords de libre-échange avec les USA (T.T.I.P.), qui fait toujours l’objet d’une fin de non recevoir de la part des négociateurs américains. »

Mieux vaut en effet rester vigilant et actif en regard de cette volonté américaine de contester cette culture européenne des terroirs. Nous avons en effet encore vu récemment quelques reportages qui soulignent les velléités américaines en matière d’usurpation de provenances, comme le prouvent ces bouteilles U.S., mais aussi ces fromages, pour ne citer que ces productions très typiques de la France, sur lesquels des étiquettes portant le nom d’appellations françaises sont tout bonnement plaquées. Et si les bulles saumuroises (lire le numéro 18 de notre revue Le Vin Ligérien actuellement en vente) ont perdu depuis longtemps devant la justice, logiquement in fine, le droit d’employer le mot Champagne sur leurs étiquettes, si le Pinot gris alsacien a dû céder sa mention Tokaj également devant les tribunaux en raison de la montée au créneau justifiée de la Hongrie, les producteurs et distributeurs américains, eux, s’en contrefichent. On trouve bien dans leurs magasins des « Chablis », des « Champagne » produits aux Etats-Unis sous prétexte que leur qualité n’est pas en deçà des productions européennes, françaises en l’occurrence. Mais ce n’est évidemment pas de cela qu’il s’agit puisqu’il serait bien présomptueux d’affirmer que tous les vins français sont meilleurs que ceux produits aux USA. Non ! Cet argumentaire américain nous semble même méprisant en regard de leurs territoires qui auraient besoin de l’onction française pour mieux se vendre dans les magasins de l’Oncle Sam.

Pourquoi n’identifient-ils pas leurs vins du nom de leurs propres territoires ? Simplement, on l’a compris, pour mieux les valoriser auprès du public. Et l’on ne peut pas se consoler en considérant que c’est une reconnaissance de l’art de vivre à la française.

La lutte doit donc effectivement continuer pour protéger comme il se doit les appellations d’origine et affirmer haut et fort que les terroirs ne sont pas transposables d’un simple claquement de doigt ou par la voie marketing d’une étiquette mensongère. Chablis est en France comme Venise est en Italie. Point barre !

Jean-Claude BONNAUD

A noter que améliorer son efficacité et renforcer « sa visibilité, sa notoriété et sa présence auprès des institutions européennes ainsi que des médias établis à Bruxelles, les délégués ont acté le transfert à Bruxelles du siège de l’organisation que proposait le Sergio Chiamparino. »