Anne-Marie Hahusseau (Cheverny) – Le Vin Ligérien n°20

Et les vaches, ça ne donne pas toujours du lait ? » « Le vin, il vient du raisin ? » « Le fromage, c’est fait avec du lait ? ». Bienveillante, Anne-Marie Hahusseau continue de s’amuser des questions qui fusent, parfois, dans la bouche des enfants. La veille, le domaine du Croc du Merle a reçu pas moins de 300 visiteurs à la ferme, dans cet endroit atypique, qui allie les activités différentes avec un sens de l’équilibre qui tient de l’évidence. Et pourtant, ils ne sont pas légion dans le Val de Loire, les domaines viticoles qui assortissent leur quotidien d’une formule où l’on marie les produits laitiers, les visites à la ferme, la production de sirops de cassis. Entre autres… Alors oui, Anne-Marie Hahusseau continue de s’amuser et d’avouer un réel plaisir tiré de la rencontre avec le public. […]

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Ce qui a changé avec la réorganisation d’Interloire

Interloire se réunit en assemblée générale ce mardi 27 juin. Jean-Martin Dutour devrait, sauf coup de théâtre, succéder à Gérard Vinet au poste de président. Ainsi se tourne pour l’interprofession la page de la réorganisation d’Interloire… Premier bilan.

« J’ai été élu pour ça, et je l’ai fait », explique Gérard Vinet. Le vigneron nantais ne semble pas mécontent de laisser son fauteuil à Jean-Martin Dutour, négociant de Chinon. Il part après quatre années de présidence marquées par la réorganisation d’Interloire, actée en 2015.

Qu’est-ce qui a changé dans l’interpro depuis la réorganisation ? Pas mal de choses, à commencer par le passage de 30 à 21 salariés. « Les gens sont su rebondir », assure Gérard Vinet, soulagé.

Côté compétences, c’est tout le pôle de la « communication spécifique » – autour des appellations, en langage normal – qui a été affecté. Les syndicats d’appellation ont récupéré cette mission (et les budgets) capitale. Interloire concentre donc aujourd’hui ses efforts sur l’export, avec notamment la création du nouveau salon VinoVision Paris, dont la première édition s’est tenue en février 2017.

Autre nouveauté : l’arrivée de la CVVL, la confédération des vignerons du val de Loire. Cette organisation qui, pour la première fois, réunit toutes les familles de producteurs – les syndicats, mais aussi les coopérateurs, les bio, les indépendants – sera la voix du vignoble face au négoce au sein de l’interprofession.

Mais finalement, c’est plutôt dans les appellations qu’a eu lieu la vraie révolution. Enfin, dans certaines, et pas au niveau des cotisations, puisqu’aucun des syndicats ou fédérations ne semble avoir fait le choix de les réduire. « Mais faire moins cher, ce n’était pas vraiment le sujet » de cette réorganisation d’Interloire, observe Laurent Ménestreau, président de la Fédération Anjou-Saumur.

Electrochoc dans le Nantais

Dans le Nantais, la réorganisation semble avoir été un électrochoc. Les syndicats du Muscadet, du Gros Plant, des Coteaux d’Ancenis ont réactivé la Fédération des Vins du Nantais.

« On n’a pas perdu de temps, se souvient Olivier Martin, désigné porte-parole de la fédération (une nouvelle fonction). Assez rapidement, on a créé un pôle communication, début 2016. Pour nous, devoir gérer la com’, c’était une grande nouveauté. »

vins de Nantes, fédération, Muscadet

François Robin, transfuge d’Interloire, a été recruté comme directeur. Avec l’agence So Wine, une nouvelle campagne, tournée vers l’océan, a été imaginée…

Seul regret pour le porte-parole : la fermeture de la Maison des Vins de Nantes, pour des raisons de coût. Un wine-truck devrait faire office de vitrine ambulante bientôt, mais les vignerons espèrent pouvoir retrouver un jour un site à Nantes… Quand la météo voudra bien laisser quelque répit au vignoble…

 

L’Anjou-Saumur se muscle

Pour la fédération des vins d’Anjou-Saumur (23 appellations) aussi, cette réorganisation d’Interloire a conduit la structure à se « professionnaliser ». C’était le but recherché, « mais ça a été plus difficile que ce que j’avais imaginé », soupire Laurent Ménestreau, président.

Laurent Ménestreau, vigneron de Saumur-Champigny et président de la fédération des vins d'Anjou-Saumur

Laurent Ménestreau, vineron de Saumur-Champigny et président de la fédération des vins d’Anjou-Saumur

« Nous avons décidé de créer quatre groupes » thématiques, explique le président : Saumur, Bulles, Rosé et Chenin. Pour chaque thème, une personne dédiée a été recrutée, plus un chargé de projet pour les actions transversales, et un directeur financier. « Nous sommes passés de 7 à 16 salariés ».

Contrairement aux Nantais, les Angevins ont choisi de conserver les maisons des vins d’Angers et Saumur, et même de racheter le bâtiment d’Angers (300000€). Là encore, des recrutements ont été nécessaires.

L’outil « Anjou-Saumur » est désormais opérationnel, reste « à coordonner notre stratégie de communication ». Ce qui ne sera pas la partie la plus aisée…

En Touraine, rien de nouveau…

Sans surprise, en Touraine, la réorganisation n’a pas bouleversé les habitudes des appellations. « Chez nous, le rassemblement n’a pas été souhaité», explique François Chidaine, président de la Fédération des Associations Viticoles d’Indre-et-Loire et de la Sarthe (Chinon, Bourgueil, Montlouis…). « Chaque appellation gère sa com ‘, avec plus de budget qu’avant » et chacune à la hauteur « des ses ambitions. Quand il y aura des sujets communs, on se mettra ensemble », avance-t-il. Ca a déjà été le cas, in extremis, pour Vitiloire. Mais « c’est clair qu’en terme de visibilité » pour les vins de Touraine, « on n’est pas bon », glisse le président. « Ca viendra… »

Le vigneron de Montlouis reste par ailleurs plutôt critique quant à cette réorganisation d’Interloire :

« On n’a rien réglé comme problème. Le fond, c’est qu’il n’y a pas d’ambition commune entre le vignoble et le négoce… On a créé la CVVL, est-ce que les décisions se prennent là ? On verra à l’AG… Moi, je m’attendais à un grand remaniement, mais au final, ce sont encore les mêmes têtes… »

Conquérir le monde

Réorganisé, le val de Loire ne manque effectivement pas de défis. Les destins croisés des salon d’Angers et Vinovision Paris en est un. Le projet de « faire une communication commune qui plaise à tout le monde », de Nantes à Sancerre, et de l’indépendant jusqu’au négoce, et d’enfin arriver à définir une identité « vins du val de Loire » en est un autre.

« Pour moi, le vignoble est en phase d’adolescence », analyse François Robin, confiant. « On a tout ce qu’il faut, les vins qui plaisent, les sous-sols, les vignerons, les châteaux, la Loire… Mais la structure commerciale n’est pas organisée pour conquérir le monde. Mais un jour, ça viendra… »

Le numéro 22 du Vin Ligérien vient de sortir !

Le numéro 22 de notre magazine trimestriel, Le Vin Ligérien, vient de sortir (7,50 €, disponible dans les magasins de presse, ou sur commande auprès de jean-claude.bonnaud@levinligerien.fr ou encore sur abonnement auprès de f_bonnaud@orange.fr

Un numéro d’été à ne pas manquer, ce dont témoigne son sommaire que nous vous proposons ci-dessous :

  • Notre agenda.
  • Les unes, Pouilly-Fumé et Pouilly-sur-Loire, fêtent leurs 80 ans, l’autre, Saumur Rosé, vient tout juste de naître. Pleins feux sur ces appellations qui participent pleinement, dans des objets très différents, au panorama du Val de Loire.
  • Nos visites de caves pour ce trimestre : Jean-Luc et Eric Raffinat (Châteaumeillant), Benoît Brazilier (Coteaux-du-Vendômois), Jean-Marc Biet (Seigy, Touraine), Corinne Noury (Jasnières et Coteaux-du-Loir), CécileThomas et Iwan Escher (Chissay-de-Touraine), François Pinon (Vouvray), Antoine Antier (Montlouis), Sylvie et Eric de La Vigerie (domaine Olga Raffault, Chinon), Bertrand et Vincent Marchesseau (Bourgueil, Saint-Nicolas-de-Bourgueil et Chinon), Domaine Musset-Roullier (Anjou), Jérémie Mourat (Fiefs Vendéens et Muscadet).
  • Notre sélection de jolies bouteilles.
  • La chronique de Kilien Stengel.
  • Notre portfolio.
  • Les mariages entre l’art et le vin se multiplient. Tant mieux ! Car ils sont faits l’un pour l’autre. Et dans des genres très différents. La musique y trouve également sa place. Mais l’art et le vin constituent un mariage qui ne date pas d’hier. Et sous toutes ses formes.
  • L’Angevin Olivier Ménard dirige depuis une dizaine d’années les débats sur la chaîne télé gratuite L’Equipe. Un rendez-vous incontournable pour les amateurs de sport et de football en particulier. Amateur de Savennières, mais consommateur modéré de vin, le journaliste revient sur son parcours, ses paysages préférés des bords de Loire et son amour du ballon rond… en spectateur.
  • Balade dans les jardins des principales villes de la région Centre-Val de Loire, dans lesquels toutes les familles aiment se rendre. Des villes qui s’efforcent un peu plus chaque année de se donner une bonne bouffée d’oxygène avec ces endroits où la nature retrouve ses droits dans des milieux urbanisés.
  • Notre rubrique gastronomique : le poisson au menu et les vins qui vont avec.
  • Notre page Abonnement

Eric Gaucher, vigneron au grand cœur

A l’occasion de la journée du don d’organes, Éric Gaucher, jeune vigneron de l’appellation Vouvray, récemment greffé du cœur au CHU de Tours, remettra un chèque à l’association France ADOT37, à la suite de la vente d’une cuvée spéciale « La Cuvée du Vin cœur ». Cette remise de chèque aura lieu ce jeudi 22 juin au CHU de Trousseau (salle Ronsard). Une bonne occasion de mettre en avant la nécessité du don d’organes.

Autour du chèque, d’un montant total de 4.000 euros (1), qui sera remis à l’ADOT 37, c’est toute une chaîne d’amitié, de solidarité et surtout des histoires de vies qui s’est agrégée. On se souvient par ailleurs qu’au moment du décès de Jean-Pierre, il y a trois ans, il avait offert son foie. Eric, lui, a été greffé du cœur le 3 novembre dernier. A noter que Jean-Jacques Sornais, salarié de ce domaine, a lui aussi bénéficié de cette même greffe. C’était il y a vingt ans, le 21 juin. Et il va parfaitement bien.

  • Dont 2.100 € pour la seule vente de « La Cuvée du Vin cœur », le reste ayant été apporté par le Syndicat des Vins de Vouvray, le Crédit Agricole, la Confrérie de la Chantepleure, le Club Novilloicien, Philippe Thierry, l’imprimerie Galard, Xavier Crayons X de Vernou et le domaine Jean-Pierre Gaucher.

Les Passerelles de Sainte-Maure-de-Touraine pour mieux comprendre le territoire

Les Passerelles pour mieux comprendre le territoire

Lieu d’une exposition permanente sur les atouts de son « pays », avec, notamment une exposition interactive et permanente sur la fabrication du fromage de Sainte-Maure, la ville du sud Touraine accueille aussi un salon littéraire le 17 juin. Où la gastronomie tient toute sa place.

Voilà une manifestation qui trace peu à peu son chemin dans le paysage tourangeau et qui n’oublie pas la gastronomie. La cinquième édition des Passerelles Littéraires, qui se déroulera le 17 juin, à Sainte-Maure-de-Touraine, invitera en effet le public à réfléchir, aux côtés de Jean-Luc Bernard, un as de la confiture, à « la cuisine simple pour bien manger ». Mais les fromages et les vins locaux ne seront pas oubliés, fromages dont on sait l’importance dans le tissu économique de ce territoire que les Passerelles, en lien direct avec l’Office de Tourisme du Pays de Sainte-Maure, présentent de manière très pédagogique grâce à une exposition permanente et interactive, toujours à Sainte-Maure, dans l’espace des Passerelles, justement. Qui portent bien leur nom, en l’occurrence, puisqu’il s’agit de proposer un outil pour aller vers davantage de compréhension des savoir-faire et talents locaux. Avec, en point d’orgue, la fabrication des fromages de Sainte-Maure-de-Touraine. Sans oublier pour autant de présenter l’ensemble des produits du terroir.

 

Quant à la manifestation littéraire du 17 juin, organisée cette année par l’association « Un Château et des Livres », en partenariat avec la Communauté de Communes Touraine Val de Vienne, elle a pour ambition de vivifier encore et toujours le territoire. Yves-Marie Bost, le président de l’association, par ailleurs spécialiste de l’Amérique du Nord et, notamment, des Amérindiens, entendant bien concrétiser cette ambition. Car il n’y a pas que dans les grandes villes que la culture a sa place.

 

Les auteurs présents le 17 juin pour Les Passerelles Littéraires (de 10 h 30 à 18 heures) : Carène Wood, Michel Audureau, Françoise Froment, Patrick Gillet, Emmanuelle Cartier, Jean-Jack Martin, Irène Turbeaux, Jean-Paul Robert Jean-Claude Imbault, Pascal Avenet, Roxane Turcotte, Bernard Briais, Nathalie Desperches-Boukhatem, Jean-Claude Bonnaud et Denys Ezquerra.