Les âges fondateurs : du prestige au chaos
Premiers jalons et notion de terroir
Entre le Moyen Âge et la Révolution, certaines régions consolident leur prestige par la réputation de leurs vins — Sancerre, Chinon, Bourgueil ne sont plus de simples lieux sur une carte, mais des marques de fabrique. Si les moines de Fontevraud, plantant leurs vignes avec ardeur sous Aliénor d’Aquitaine, avaient pressenti la force du « sol », la notion moderne de terroir reste balbutiante.
Il faudra attendre le 19e siècle et l’essor des transports pour mesurer les faiblesses de ce système informel. Les fraudes, la dilution des provenances — le « Muscadet » de l’époque pouvait s’élaborer loin de la côte atlantique… — mènent à une crise de confiance.
La crise du phylloxéra et l’exacerbation identitaire
- 1875-1892 : Plus de 62 % du vignoble ligérien anéanti par le phylloxéra (source : Vinopole Centre-Val de Loire).
- La reconstruction se fait sur la défense de l’authenticité : apparition des syndicats de vignerons, revendication des identités locales, enjeux de « marque » pour les villages reconnus.
Ce traumatisme accélère l’exigence de codification et d’origine. On veut préserver le vrai contre l’imposture. L’AOC s’annonce à l’horizon.