Un cadre réglementaire mouvementé : au cœur des cahiers des charges AOC
La France, et plus particulièrement le Val de Loire, ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de réguler ce qui fait la signature de ses vins. Les AOC reposent sur des cahiers des charges précis, établis par l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité). On y détaille non seulement les cépages autorisés ou les rendements, mais aussi les modes d’élevage — parfois jusqu’au type de contenant. Il s’agit, sous l’égide du législateur, de garantir la typicité et l’identité du vin.
Mais tout ce qui n’est pas expressément autorisé est-il interdit ? Pas tout à fait. L’horizon s’est élargi ces dernières années, sous l’effet de la curiosité des vinificateurs et de la pression de la demande, en particulier sur des marchés à la recherche d’authenticité et de gestes retrouvés.
- Jusqu’en 2018, la plupart des cahiers des charges se référaient implicitement à la « cuve », sans distinction claire sur le matériau, tant qu’aucun goût parasite n’était décelable dans le vin final.
- La question des amphores, historiquement marginale depuis la romanisation, a ressurgi dans certains décrets d’appellation à partir de la fin des années 2010.
- La cuve ovoïde, alors assimilée à de la « cuve béton », entre généralement dans le champ des possibles dès lors qu’aucun matériau jugé non neutre (plastique, résines) n’est utilisé.
L’encadrement spécifique concerne surtout les appellations de grande notoriété ou celles désirant structurer leur image. Par exemple, en Sancerre ou en Chinon, aucune interdiction formelle n’existe actuellement, mais l’usage doit respecter les notions de neutralité et de non-dénaturation du profil aromatique.