Une histoire singulière : des origines à l’oubli
Longtemps relégué au rang de vestige ampélographique, le fié gris ressurgit, un peu à la manière d’un objet précieux retrouvé dans un grenier tourangeau. Son vrai nom, sauvignon gris, trahit sa parenté directe avec le célèbre sauvignon blanc, mais aussi sa différence. Cultivé autrefois sur toute la Loire moyenne, le cépage a failli disparaître, victime de la standardisation des goûts et des arrachages post-phylloxériques.
L’histoire du fié gris, c’est avant tout celle d’un oubli : au XXe siècle, il ne restait plus, dans le Val de Loire, que quelques rangs résistants, souvent chez des vignerons obstinés, qui aimaient ce raisin biscornu, à la peau plus rosée, presque cuivrée. Selon le recensement IFV de 2011, moins de 0,5% des pieds de vignes en Touraine étaient du fié gris, soit à peine une vingtaine d’hectares sur toute l’aire [source : Vigneron Indépendant].
Ce qui frappe, c’est la capacité du fié gris à ressurgir ligne à ligne dans l’histoire ligérienne, sous des noms variant selon les terroirs : fié, sauvignon gris, sauvignon rose, ou fié gris. On le cite déjà dans des écrits du Sieur Bénédictin Garde, fin XVIIIe. En Touraine, il figure ainsi, tout en discrétion, dans le patrimoine vivant du vignoble.