La crise du phylloxéra : le point de bascule du XIXe siècle
Avant même que le mot “AOC” n’apparaisse dans le langage du vin, la plus grave des crises frappe : le phylloxéra. Cet insecte, originaire d’Amérique, débarque furtivement en France en 1863, à Pujaut, près d’Avignon (La RVF).
En moins de 30 ans, 2,5 millions d’hectares de vignes, soit plus du tiers du vignoble national, sont anéantis, ruinant des milliers de familles. L’économie viticole vacille. Face à la catastrophe et à la nécessité de reconstituer les vignobles, la tentation de planter n’importe quoi, n’importe comment, est grande. Cépages hybrides peu qualitatifs, cultures sur des sols mal adaptés, fraudes en tous genres, envahissent le marché.
- Chiffre-clé : Entre 1875 et 1889, la production française passe de 84 à 25 millions d’hectolitres (FranceAgriMer).
- L’effondrement des cours du vin provoque une paupérisation généralisée et une crise sociale puissante (révoltes de 1907 dans le Languedoc, see France Bleu).
C’est dans ce contexte d’urgence que se forge l’idée d’une protection institutionnelle du vin par l’origine et la typicité, rudiment de ce qui deviendra l’AOC.