Les pratiques œnologiques désormais interdites dans nombre d’AOC du Val de Loire
La réécriture des cahiers des charges ne vise pas l’exhaustivité – chaque cahier demeure spécifique – mais de nombreux points convergent autour de pratiques jugées trop interventionnistes.
Ajout de copeaux de bois et alternatives au fût : stop à la “boise” masquée
Jusqu’aux années 2010, certains vignerons utilisaient copeaux, douelles, bâtonnets et granulés de bois pour donner à leurs vins des arômes boisés et une structure tanique, parfois au détriment de la complexité naturelle. Depuis 2018, l’ajout de copeaux est explicitement interdit dans quasiment toutes les AOC du Val de Loire (source : Arrêté INAO, 26 avril 2018), une évolution marquante notamment pour les vins rouges où la tentation était grande de lisser les caractéristiques millésimées.
- L’interdiction concerne tous les formats d’alternatifs bois
- La maturation sur lies en barriques traditionnelles reste, elle, autorisée, ce qui dynamise la valorisation du travail sur fût.
Chaptalisation et enrichissement : des garde-fous renouvelés
La question de l’enrichissement en sucre, héritée des périodes de vendanges difficiles, connaît désormais une surveillance accrue. Si elle reste permise dans des proportions strictement réglementées, plusieurs AOC ligériennes ont abaissé les seuils d’enrichissement autorisés.
- Pour les vins blancs moelleux et liquoreux, seule la concentration naturelle par passerillage ou botrytisation est valable. Les ajouts extérieurs sont désormais proscrits (source : cahier des charges Coteaux du Layon 2020).
- Pour les moûts rouges, le niveau maximal d’enrichissement a été abaissé à 1,5 % vol, contre parfois 2 % par le passé.