Zoom sur trois appellations rares : Coteaux du Loir, Jasnières, Coteaux du Vendômois
Coteaux du Loir : vibrer à l’unisson des sols froids
Ici, le menu pineau règne en maître. Dans ces vallées fraîches du nord Loir-et-Cher et du sud Sarthe, il offre des blancs effilés, droits, portant l’empreinte du silex et du tuffeau. Rendements minimalistes (27 hl/ha pour les meilleurs domaines selon la fiche AOC 2021), élevage sous bois rare, et une tradition farouche qui veut que le vin ne soit jamais dompté par la technologie.
Des domaines tels que La Roche Bleue ou le Domaine de Bellivière incarnent cette école du menu pineau “nature”, presque sauvage, à la garde proverbiale : certains flacons des années 1990 se montrent tout juste à point en 2024.
Jasnières : la quintessence sur le fil
Sur à peine 65 hectares, Jasnières cisèle des blancs immenses, dont la structure évoque la cathédrale gothique. La présence du menu pineau s’y exprime dans un sillage miellé, tendu, persistants sur des notes d’agrumes confits et de sous-bois.
- Moins de 1 000 hectolitres produits en 2023 (source : ODG Jasnières)
- Vieillissement en cave troglodytique, favorisant des textures enveloppées, presque glycérinées
On mentionnera la cuvée emblématique “Calligramme” du Domaine de Bellivière ou les vins du Domaine Gigou.
Coteaux du Vendômois : l’épure ligérienne
Bien que davantage reconnu pour son pineau d’Aunis, le vignoble du Vendômois s’appuie discrètement sur le menu pineau pour ses rares blancs secs. Moins d’austérité qu’en Coteaux du Loir, plus rondeur, une aromatique de fruits blancs (poire, pêche de vigne), légèrement miellée, avec une pointe d’herbes fines et de craie en finale.
Depuis 2019, la jeune génération (voir Domaines Patrice Colin ou Les Maisons Rouges) pousse à une vinification de précision, introduisant parfois des élevages en amphore ou sur lies totales pour accentuer la richesse du profil. Volumes infimes : moins de 10 ha exploités en blanc sec (source : InterLoire).