Un vignoble confidentiel aux racines profondes
Sur les terres sableuses et argilo-siliceuses du Loir-et-Cher, entre les forêts mystérieuses de Sologne et les fresques Renaissance des châteaux, Cour-Cheverny a longtemps cultivé sa singularité, un peu à l’écart du tumulte des grandes appellations. Son histoire s’écrit depuis le XVIe siècle, au fil de l’un des cépages les plus rares de France : le Romorantin. Pourtant, cette discrétion aux allures de secret de famille a longtemps retardé la reconnaissance officielle d’un terroir exceptionnel, jusqu’à l’attribution in extremis de l’AOC Cour-Cheverny en 1993.
Pourquoi ce vignoble, auréolé d’autant de mystères que de savoir-faire, n’a-t-il été reconnu que si tardivement ? Comprendre cette lente consécration, c’est plonger dans les paradoxes de l’histoire, des hommes, des cépages et des institutions. C’est aussi, peut-être, effleurer ce qu’il y a de plus essentiel dans l’identité ligérienne : une capacité rare à se réinventer tout en protégeant un héritage fragile.