Ce que le Vin Ligérien n°26 exprime… et ce qu’il ne cherche pas à imiter
Un vin d’auteur, dans une appellation d’élite discrète
Le Touraine Oisly d’Anne-Sophie et Frédéric Meurgey Penet n’est pas un Sauvignon de « facilité » destiné aux apéritifs turbulents : c’est, selon les millésimes, un vin de gastronomie, taillé pour l’accord avec poissons de Loire, fromages de chèvre à maturation, mais aussi cuisine japonaise (ce choix revendiqué par les producteurs pour la minéralité du vin, voir Le Figaro Vin).
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Au nez : éclat citronné, pointe anisée, traces minérales évoquant la silex du sol.
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En bouche : tension, aucune lourdeur, finale persistante et saline, sans sucre résiduel.
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Garde : 3 à 8 ans sans faiblir, sur certains millésimes.
La singularité vient aussi du refus d’une standardisation ou d’une « bourguignonisation » par le chêne ou par des élevages trop marqués.
Un contraste marqué avec d’autres Touraine ou Sancerre
La comparaison est inévitable. Face au Sancerre, le Touraine Oisly se différencie par une dimension parfois moins crayeuse, mais offre plus de chair que beaucoup de Touraine génériques. Face au Pouilly-Fumé, il évite le piège de l’exubérance aromatique (goût pipi de chat ou buis trop prononcé). Enfin, contre les Sauvignons du Nouveau Monde, le n°26 affiche un taux d’alcool modéré, une fraîcheur et un naturel rarement égalés.
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Sancerre : rendements moyens autour de 55 hl/ha, à comparer à 50 hl/ha sur Touraine Oisly (chiffres 2022, INAO). Le n°26, tri rigoureux, vise souvent en-dessous pour maximiser l’élégance.
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Pouilly-Fumé : même cépage, styles plus enfumés, moins tendus en bouche pour certains terroirs du sud.
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Sauvignons mondiaux : pratiques d’arrosage ou d’irrigation inexistantes ici, climat tempéré sans excès, usage limité des additifs, typicité du sol ligérien.